Reconnue pour sa couverture acérée de la politique américaine et son expérience sur les terrains de crise, Sonia Dridi est devenue une figure familière du journalisme francophone. Correspondante à Washington, elle a su décrypter les soubresauts de l’Amérique pour des médias comme France 24 ou Europe 1. Mais derrière la professionnelle aguerrie se cache une histoire familiale riche, un parcours façonné par un double héritage culturel. L’origine de ses parents, et plus particulièrement son ascendance tunisienne, constitue une clé de lecture essentielle pour comprendre la vocation précoce et l’engagement indéfectible de cette journaliste. De ses premiers émois face aux inégalités observées en Tunisie à sa couverture de la révolution égyptienne, en passant par la rédaction d’une biographie remarquée sur Joe Biden, ses racines méditerranéennes semblent irriguer en profondeur sa vision du monde et son approche du métier. Explorer le parcours de Sonia Dridi, c’est donc remonter le fil d’un héritage qui a nourri sa curiosité et forgé sa détermination à raconter le monde, avec ses complexités et ses fractures.
En bref : les points clés sur Sonia Dridi et ses origines
- Origines tunisiennes : Sonia Dridi est d’origine tunisienne par son père, un héritage qui a éveillé très tôt sa conscience des inégalités mondiales et a influencé son choix de carrière.
- Formation d’excellence : Elle est diplômée de la prestigieuse école de journalisme de Sciences Po Paris, après une année d’échange à l’UCLA aux États-Unis.
- Correspondante de terrain : Sa carrière a pris une dimension internationale lorsqu’elle est devenue correspondante pour France 24 en Égypte, couvrant la révolution de 2011 pendant plus de quatre ans.
- Experte des États-Unis : Installée à Washington, elle couvre l’actualité politique américaine et est l’auteure d’une biographie sur le président Joe Biden.
- Vie privée discrète : Mariée à un Franco-Américain, Sonia Dridi est également mère de deux jeunes garçons et préserve son jardin secret tout en conciliant une carrière exigeante.
Les origines tunisiennes de Sonia Dridi : un héritage familial marquant
L’une des questions qui suscite la curiosité du public concerne l’ascendance de Sonia Dridi. La journaliste est née d’un père tunisien, une filiation qui a profondément marqué sa perception du monde dès son plus jeune âge. C’est en observant le quotidien d’une partie de sa famille en Tunisie qu’elle prend conscience, vers l’âge de 7 ou 8 ans, des inégalités frappantes qui peuvent exister. Cette prise de conscience précoce est le véritable déclencheur de sa vocation. Elle ressent alors le besoin impérieux de raconter ces réalités à ses camarades en France, posant sans le savoir les premières pierres de sa future carrière de journaliste.
Cet héritage multiculturel a nourri son intérêt pour le monde arabe et le Moyen-Orient, un fil rouge que l’on retrouve tout au long de son parcours professionnel. Ce n’est pas un hasard si sa première grande expérience à l’étranger l’a menée au Caire. Ses racines tunisiennes lui ont offert une perspective unique et une sensibilité particulière aux enjeux sociaux et politiques de la région. Cette double culture, loin d’être anecdotique, est un pilier de son identité et de son engagement journalistique, lui permettant de naviguer avec aisance entre différents univers et de mieux en saisir la complexité. Comprendre cette part de son histoire familiale est essentiel pour appréhender la journaliste qu’elle est devenue.
Un parcours académique et professionnel tourné vers l’international
Déterminée à faire du journalisme son métier, Sonia Dridi s’est donné les moyens de ses ambitions. Son parcours académique témoigne d’une volonté précoce de s’ouvrir au monde. Elle intègre l’école de journalisme de Sciences Po, une référence en France, après avoir effectué une année d’échange universitaire à l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles). Cette expérience américaine s’avère fondatrice. Elle y suit des cours variés, comme les « African American Studies », et commence à se tisser un réseau aux États-Unis. Un stage à Voice Of America à Washington confirme son attrait pour la capitale américaine, où elle posera ses valises des années plus tard.

De Sciences Po à BFM TV : les premières armes d’une journaliste
De retour à Paris, son diplôme en poche, elle rejoint rapidement BFM TV grâce à un contrat d’apprentissage. C’est au sein de cette rédaction qu’elle acquiert les réflexes fondamentaux du métier : la vérification rigoureuse des sources, le recoupement de l’information, le choix pertinent des images et la rédaction de commentaires précis. C’est là qu’elle forge son professionnalisme et réalise ses premiers reportages pour la télévision, une étape cruciale avant de se lancer dans une carrière de correspondante à l’étranger, où son intérêt pour la culture internationale prendra tout son sens.
L’épreuve du feu en Égypte : au cœur de la révolution
Le véritable tournant dans la carrière de Sonia Dridi survient lorsqu’elle devient correspondante pour France 24 en Égypte. Arrivée au Caire peu après le début de la révolution de 2011, la jeune journaliste de 25 ans est immédiatement plongée au cœur d’une actualité bouillonnante et périlleuse. « C’était de la folie ! », confiera-t-elle plus tard. Pendant quatre ans et demi, elle sera aux premières loges des événements qui secouent le pays, témoignant de la répression, des affrontements et des espoirs d’un peuple en quête de liberté. Cette expérience, bien que traumatisante par moments, comme lors du massacre des coptes en octobre 2011, fut extraordinairement formatrice. Elle y a appris à travailler dans des conditions difficiles et a confirmé sa passion pour le journalisme de terrain.
| Période | Poste | Lieu | Événement marquant |
|---|---|---|---|
| Début des années 2010 | Journaliste reporter | Paris, France | Premiers reportages pour BFM TV |
| 2011 – 2015 | Correspondante | Le Caire, Égypte | Couverture de la révolution égyptienne |
| Depuis 2015 | Correspondante | Washington D.C., États-Unis | Couverture des présidences Trump et Biden |
Interrogée sur la place des femmes dans les zones de conflit, elle estime qu’il n’est pas plus difficile pour une femme que pour un homme, à condition d’être bien préparée. Elle souligne même que les femmes journalistes, suscitant parfois moins de méfiance, peuvent obtenir des informations ou des témoignages inaccessibles à leurs confrères masculins, à l’image de figures comme Marie Colvin, une journaliste américaine qu’elle admire profondément.
Correspondante à Washington : du tumulte de l’ère Trump à la biographie de Joe Biden
Après l’intensité du Caire, Sonia Dridi s’installe à Washington quelques semaines seulement avant que Donald Trump n’annonce sa candidature. Une fois de plus, elle se retrouve au centre d’une actualité politique dense et polarisée. Pour le compte de plusieurs médias français (France 24, M6, Radio France, Europe 1), elle décrypte la campagne présidentielle puis le mandat de Trump, un exercice exigeant qui demande une énergie constante. C’est dans ce contexte qu’en 2020, les Éditions du Rocher la contactent pour un projet ambitieux : écrire une biographie de Joe Biden, alors que sa carrière politique semblait sur le déclin.
Décrypter l’homme derrière le politique
Sonia Dridi relève le défi et se lance dans un travail d’enquête approfondi. Elle rencontre des proches, des amis d’enfance et des sénateurs qui ont côtoyé Biden pendant des décennies. Le fruit de ce labeur est un portrait nuancé, loin des caricatures. Elle y dépeint un homme politique expérimenté, passionné par les affaires étrangères, mais aussi un être complexe, marqué par de profondes tragédies personnelles et connu pour ses gaffes mémorables. Son livre lève le voile sur celui qui parviendra à se faire élire avec un score record, dans une Amérique plus divisée que jamais. Analyser les coutumes politiques locales fait partie de son travail, bien loin des traditions françaises qu’elle connaît.
Voici quelques aspects clés abordés dans sa biographie de Joe Biden :
- Une résilience à toute épreuve : Analyse d’une carrière politique marquée par des échecs et des retours spectaculaires.
- Les fêlures d’un homme : Un portrait intime révélant comment les drames personnels ont façonné sa personnalité et sa vision politique.
- Un expert en politique étrangère : Un regard critique sur ses décisions et sa connaissance approfondie des enjeux internationaux.
- Le défi du rassemblement : Une étude des difficultés rencontrées par le président pour unifier une nation fracturée.
Au-delà du journalisme : entre vie de famille discrète et passions assumées
Si sa carrière est exposée à la lumière, Sonia Dridi cultive une grande discrétion concernant sa vie privée. On sait qu’elle est mariée à un Franco-Américain qui travaille également à Washington et qu’elle est la mère de deux jeunes garçons. Elle parvient à trouver un équilibre entre une vie de famille épanouie et les exigences d’un métier où l’actualité ne s’arrête jamais, un défi quotidien pour cette mère expatriée. Bien que quelques publications sur les réseaux sociaux aient pu intriguer par le passé, elle a toujours veillé à protéger son jardin secret, préférant que son travail parle pour elle.
La mode et les voyages : d’autres facettes de sa personnalité
Le journalisme n’est pas sa seule passion. Sonia Dridi n’a jamais caché son goût pour la mode et l’élégance. En 2022, elle a collaboré avec Tribute, un collectif qui met en avant des créateurs indépendants du monde entier, en posant comme mannequin. Cette initiative, qui promeut une mode éthique et durable, est en phase avec ses valeurs d’ouverture et de diversité culturelle. Son intérêt pour les créations originales se reflète aussi dans ses voyages, qu’elle partage volontiers sur son compte Instagram. Des côtes de Mahdia en Tunisie aux montagnes de Géorgie, ses publications témoignent d’une curiosité insatiable pour la découverte de nouveaux horizons et de nouvelles cultures, bien loin des plateaux de télévision.