Au cœur de l’automne, lorsque la nature offre ses récoltes les plus généreuses, la Corée du Sud s’anime pour l’une de ses célébrations les plus chères : Chuseok. Souvent comparée à Thanksgiving, cette fête des moissons transcende la simple gratitude pour l’abondance agricole. Pour Chuseok 2025, qui se déroulera du 5 au 8 octobre, avec le jour principal le 6 octobre, des millions de Coréens traverseront le pays pour se retrouver en famille. C’est un moment suspendu dans le temps, un pont entre le passé et le présent, où les rituels ancestraux rythment le quotidien. De la préparation méticuleuse des offrandes sur l’autel familial à la visite des tombes des aïeux, chaque geste est chargé de sens et de respect. Mais Chuseok est aussi une explosion de joie, de couleurs et de saveurs. Les rires résonnent lors des jeux traditionnels, les rues s’animent de spectacles folkloriques et les tables ploient sous des mets emblématiques, dont les fameux gâteaux de riz en forme de demi-lune, les *songpyeon*. Cette célébration est une porte d’entrée fascinante pour quiconque souhaite comprendre l’âme de la culture coréenne, un mélange subtil de solennité, de convivialité et de profond attachement aux racines familiales.
En bref, ce qu’il faut retenir de Chuseok 2025 :
- Dates clés : La période de vacances pour Chuseok 2025 s’étend du 5 au 8 octobre, le jour principal de la célébration étant le lundi 6 octobre.
- Signification : Connue comme la fête des moissons, Chuseok (également appelée Hangawi) est une célébration de la gratitude envers les ancêtres pour les récoltes abondantes.
- Rituels centraux : Les deux principaux rituels Chuseok sont le Charye (cérémonie d’offrandes à la maison) et le Seongmyo (visite et nettoyage des tombes ancestrales).
- Gastronomie emblématique : Le plat incontournable est le Songpyeon, un gâteau de riz farci, cuit à la vapeur sur un lit d’aiguilles de pin. D’autres plats comme les jeon (galettes) et le galbijjim (ragoût de côtes) sont aussi préparés.
- Festivités : La célébration Chuseok est marquée par des jeux traditionnels comme le Yutnori, des danses folkloriques telles que le Ganggangsullae et de nombreux festivals culturels à travers le pays.
Chuseok : Plongée aux origines de la fête coréenne des moissons
L’origine de Chuseok puise ses racines dans des traditions agraires millénaires, bien avant que la Corée ne devienne la nation moderne que l’on connaît. Historiquement, cette fête trouve son origine dans un rituel appelé « Gabae », célébré sous l’antique dynastie Silla (57 av. J.-C. – 935 apr. J.-C.). À cette époque, la célébration marquait la fin des récoltes et incluait des compétitions de tissage entre équipes de femmes, dont les vainqueurs étaient récompensés par un grand festin. C’est cette notion d’abondance et de partage qui constitue encore aujourd’hui le cœur de la fête.
Également connue sous le nom de Hangawi, qui signifie « la grande moitié de l’automne », la fête est célébrée le 15e jour du 8e mois du calendrier lunaire. Cette date correspond à la pleine lune la plus brillante de l’année, un symbole puissant de prospérité et de plénitude dans la cosmologie asiatique. Les moissons en Corée étant terminées, c’était le moment idéal pour remercier le ciel et les ancêtres pour leur générosité. Au fil des siècles, sous l’influence du confucianisme, les ancestral rites ont pris une place prépondérante, transformant Chuseok en une véritable fête familiale dédiée au souvenir et à la piété filiale.

Les rituels immuables de Chuseok : Entre culte des ancêtres et réunions familiales
Au-delà des festivités publiques, la véritable essence de Chuseok se vit dans l’intimité des foyers et des lieux de mémoire. Les traditions coréennes qui entourent cette fête sont profondément ancrées dans le respect des aînés et des ancêtres, formant le socle de la cohésion familiale.
Charye : L’autel des offrandes au cœur du foyer
Le matin de Chuseok, chaque famille pratiquant la tradition organise une cérémonie commémorative pour ses ancêtres, appelée Charye. Un autel est dressé, sur lequel sont disposés avec soin des plats préparés à partir des nouvelles récoltes. On y trouve du riz fraîchement récolté (*haepssal*), de l’alcool de riz, des fruits de saison et, bien sûr, les fameux *songpyeon*. La disposition des mets suit des règles précises, chaque plat ayant une place et une signification. Une fois la cérémonie terminée, les membres de la famille partagent ce repas, une coutume nommée *eumbok*, symbolisant la réception des bénédictions des ancêtres.
Seongmyo et Beolcho : Le devoir de mémoire sur les tombes ancestrales
Un autre rituel fondamental de Chuseok est le Seongmyo, la visite des tombes familiales. Durant les jours qui précèdent ou le jour même de la fête, les familles se rendent sur les sépultures de leurs aïeux. Cette visite est souvent précédée par le Beolcho, le désherbage et le nettoyage des tombes pour montrer le respect et la dévotion des descendants. C’est un moment solennel de recueillement, où l’on dépose des offrandes simples et où l’on s’incline pour rendre hommage. Ces gestes, hérités d’une longue tradition confucéenne, renforcent le lien intergénérationnel et le sentiment d’appartenance à une lignée.
Les saveurs de Chuseok : Une gastronomie riche en symboles
La célébration Chuseok est indissociable de sa gastronomie généreuse et symbolique. La préparation des plats est un événement en soi, réunissant souvent plusieurs générations dans la cuisine dans une atmosphère de partage et de transmission. Chaque recette raconte une histoire et incarne l’esprit de la fête.
Le plat le plus emblématique est sans conteste le Songpyeon. Ce gâteau de riz gluant, en forme de demi-lune, est traditionnellement farci de graines de sésame, de haricots rouges ou de pâte de châtaigne. Il est ensuite cuit à la vapeur sur un lit d’aiguilles de pin, ce qui lui confère un parfum subtil et unique. Une vieille croyance populaire veut que la personne qui façonne de jolis *songpyeon* aura de beaux enfants. La forme du gâteau symbolise la lune, qui, une fois pleine, commence à décliner, mais la farce à l’intérieur représente un avenir radieux et plein de promesses.
La table de Chuseok regorge d’autres délices. Voici quelques-uns des plats incontournables :
- Jeon : Il s’agit d’une variété de galettes ou crêpes salées. Elles peuvent être préparées avec du poisson, de la viande hachée, des courgettes, des champignons ou des piments, enrobés d’une fine pâte à base d’œuf et de farine avant d’être frites.
- Galbijjim : Un savoureux ragoût de côtes de bœuf (ou de porc) mijoté lentement dans une sauce sucrée-salée à base de soja, d’ail et de fruits, jusqu’à ce que la viande devienne incroyablement tendre.
- Japchae : Un plat de nouilles de patate douce sautées avec une multitude de légumes colorés (épinards, carottes, oignons, champignons) et parfois de fines lanières de bœuf. C’est un plat festif par excellence.
- Hangwa : Des douceurs traditionnelles à base de farine de céréales, de miel et de sirop de riz, souvent décorées de graines ou de poudres colorées.
Au-delà des rituels : Les jeux et festivités populaires de la fête coréenne
Si Chuseok est un moment de recueillement, c’est aussi une période de grande liesse populaire. Une fois les devoirs rituels accomplis, les familles et les communautés se rassemblent pour s’adonner à des jeux et des spectacles traditionnels qui animent les parcs et les places publiques.
Le plus poétique de ces divertissements est sans doute le Ganggangsullae. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, cette danse est une ronde effectuée par les femmes vêtues de *hanbok* (costume traditionnel) sous la pleine lune. En se tenant la main et en chantant, elles forment un cercle qui s’agrandit et se rétrécit au rythme de la musique. La légende raconte que cette danse servait de stratégie militaire pour tromper les envahisseurs en leur faisant croire que l’armée coréenne était bien plus nombreuse.
D’autres jeux animent les après-midis de Chuseok. Le Yutnori est un jeu de société convivial qui se joue avec quatre bâtons de bois faisant office de dés. Le Jegichagi, quant à lui, est un jeu d’adresse où les participants doivent jongler avec un volant (*jegi*) en utilisant leurs pieds, sans le laisser tomber. Ces festivités sont souvent accompagnées de spectacles de musique paysanne (*pungmulnori*) et de danses masquées (*talchum*), créant une ambiance joyeuse et collective.
Vivre Chuseok 2025 : Événements et célébrations à travers la Corée
Pour les voyageurs ou les résidents souhaitant s’immerger dans l’ambiance de Chuseok 2025, de nombreux événements et festivals sont organisés à travers le pays. Bien que ce soit une période de forte affluence sur les routes, les villes offrent une multitude d’activités culturelles. Durant la période de vacances, du 5 au 8 octobre 2025, plusieurs sites majeurs comme les palais royaux de Séoul (Gyeongbokgung, Changdeokgung, etc.), le sanctuaire Jongmyo et les tombes royales Joseon proposent l’entrée gratuite.
Pour ceux qui cherchent des expériences culturelles uniques, plusieurs festivals coïncident avec la période de Chuseok. C’est une occasion parfaite de découvrir la richesse du patrimoine coréen.
| Événement | Lieu | Dates pour 2025 | Description |
|---|---|---|---|
| Festival international de la danse des masques d’Andong | Andong, Gyeongsangbuk-do | 26 septembre – 5 octobre | Un festival majeur dédié à la danse des masques, avec des spectacles traditionnels, des défilés et des ateliers participatifs. |
| Festival des lanternes de Namgang à Jinju | Jinju, Gyeongsangnam-do | 4 octobre – 19 octobre | Né d’une tradition historique, ce festival illumine la rivière Namgang de milliers de lanternes flottantes géantes et spectaculaires. |
| Suwon Hwaseong Media Art | Suwon, Gyeonggi-do | 27 septembre – 12 octobre | Un spectacle d’art multimédia projeté sur les remparts de la forteresse Hwaseong, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. |
| Seoul Light – Festival des lumières | Parc du fleuve Han (Ttukseom), Séoul | 3 octobre – 12 octobre | Un grand spectacle de lumière, de laser et d’art multimédia qui illumine les nuits d’automne de la capitale. |