Archive for January, 2016

Pétition Breizh.Info “Pour le respect du Traité de 1499 entre la Bretagne et la France”

Saturday, January 30th, 2016

Pour le respect du Traité de 1499 entre la Bretagne et la France

BREIZH INFO

Les conditions du contrat de mariage entre Anne de Bretagne et Louis XII ont été dictées par Anne et les États de Bretagne (Première Lettre Traité daté du 7 janvier 1499 signée Louis XII). Nous demandons l’application de ce traité à l’exclusion de toute autre décision unilatérale de la France.

Le mariage sera au château de Nantes,
L’héritier de la Bretagne ne pourra être l’héritier de la France, et pour cela un certain nombre de cas de succession sont prévus, engageant les héritiers eux-mêmes,
L’héritier de la Bretagne respectera la coutume de Bretagne,
Anne jouira intégralement du douaire obtenu de Charles VIII,
Louis XII lui constituera un autre douaire,
Le roi pourra jouir de la Bretagne après la mort de la duchesse, mais sans pouvoir la transmettre en héritage,

Un second accord (dit des Généralités du Duché) signé par Louis XII le 19 janvier 1499 (2e Lettre Traité) est vu et lu par Guillaume Gedouin, Procureur Général du Parlement de Bretagne. Cet accord prévoit 13 clauses “parole de Roi, tenir et accomplir sans venir au contraire afin que ce soit chose ferme et stable pour toujours” :

1/ rétablissement en Bretagne des Chancellerie, Conseil, Parlement, Chambre des Comptes, Trésorerie, Justice, droits et libertés,
2/ Offices et officiers, aucun changement,
3/ Offices et officiers, nominations par le Duc,
4/ impôts suivant la coutume bretonne et Bretons jugés uniquement en Bretagne au Parlement Breton en dernier ressort,
5/ guerres consentement du duc et des états,
6/ Droits gardés, émission de la monnaie et séparation des 2 Couronnes chacun d’une part et d’autre,
7/ inviolabilité de la Constitution, droits et coutumes uniquement par le Parlement et états de Bretagne,
8/ bénéfices réservés uniquement en Bretagne,
9/ Prévost et Capitaines en leur juridiction suivant la coutume,
10/ nomination aux évêchés par le Duc et Nantes ville principale de Bretagne
11/ Compétence fiscale exclusive, crimes et bénéfices aucun ressort hors du parlement Breton,
12/ Aucune exécution de mandements ni exploits en Bretagne,
13/ limite des frontières, si conflit : tribunal paritaire entre français et bretons.

ADRESSÉE À

Breizh.info

Président de la République Française

Premier Ministre de la République Française

Pour une plateforme de réflexion et d’action politique propre à la Bretagne

Friday, January 29th, 2016
http://breton-network.eu/2016/01/20/prospective-strategique/
L’idée d’une plateforme de réflexion et d’action politique propre à la Bretagne vient d’être lancée.

En effet, dans une motion de notre assemblée générale de mars 2015, nous invitions la classe politique bretonne à défendre cette idée et à agir en conséquence. Nous prenons appui sur l’exemple Corse qui d’une part faisant partie de la région Provence-Côte d’Azur-Corse en a été détachée en 1970 et d’autre part bien qu’ayant voté négativement à un référendum se proposant de créer une Collectivité unique, va en être dotée par la loi (NOTRe). Ces aménagements propres à la Corse ont été obtenus en raison d’une forte demande corse, aussi bien de la part de la classe politique que de l’électorat.

Aussi invitions-nous dès le mois de décembre 2015 non seulement la classe politique bretonne à agir, mais aussi les citoyennes et les citoyens de Bretagne à se mobiliser selon le principe “ce qui n’est pas demandé, ne sera pas obtenu”, et à émettre une demande citoyenne franche et massive dans le cadre d’un Appel pour que la Bretagne retrouve une pédagogie renouvelée visant l’autonomie ou l’indépendance.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui partagent cette idée à nous rejoindre. Comme dit l’autre, l’union fait la force.

Pour mieux travailler ensemble, nous vous invitons à participer à une réunion préparatoire qui aura lieu:

Le 21 février 2016
à 11h00
44, rue Léon Durocher
22730 Tregastel
S’inscrire par e-mail : claudeguillemain@yahoo.fr
Par téléphone ou SMS : 06 67 03 05 87
Par Skype : klaodgillamaen

Déjeuner sur place. Bien sûr, c’est gratuit.

Prospective stratégique

Thursday, January 28th, 2016
    ” Il est grand temps d’évaluer les dysfonctionnements qui ont éreinté la Bretagne aux dernières élections régionales”


Prospective stratégique
L’expérience bretonne en matière de prospective stratégique est à réinventer, et c’est à le moment de relancer ce thème unique pour démarrer une série de rencontres visant à concevoir et communiquer une vision ou plutôt mettre en place un projet libre, sociétal, politique et économique pour les 10 prochaines années dans notre pays en s’inspirant des expériences à l’international.

Il est impensable que nous ne disposions pas aujourd’hui d’une vision et d’une approche stratégique qui nous permettent d’affronter la complexité des problèmes auxquels fait face notre pays. Le monde change et nous nous devons de trouver des outils utiles pour aujourd’hui, demain et dans 5 ans.
Évaluation, un mot sur lequel il faut insister.
S’il est une chose que nous avons négligée pendant des décennies dans notre pays, c’est bien l’évaluation. Nous n’avons pas pris en considération les dysfonctionnements et les défaillances dont a souffert la Bretagne. L’absence de l’exercice évaluateur nous a empêchés de nous rendre compte des lignes de fractures qui ont conduit la Bretagne à l’échec des dernières régionales.
Fracture générationnelle, nos jeunes sont désorientés et désemparés. Malgré des scores importants chez les jeunes en faveur du Front national, l’abstention à l’élection régionale est demeurée majoritaire parmi les 18-30 ans. Selon un sondage, 64 % d’entre eux ne sont pas allés voter au 1er tour des élections régionales. Un score de 14 points supérieur à la moyenne nationale, estimée à 49,5 %.
Fracture géographique à cause d’un développement à plusieurs niveaux, et fracture sociale avec une classe sociale moyenne reléguée au second rang (Le revenu fiscal moyen des Bretons qui ont rempli une déclaration d’impôt en 2009 reste inférieur à la moyenne nationale).

Nécessité d’équilibrer entre impératifs économiques et priorités sociales

Il faut apprendre à «entretenir la mémoire des méthodes et des outils pour mieux les enrichir». La responsabilité des acteurs publics, y compris les partis et associations luttant pour l’autonomie ou l’indépendance de la Bretagne, doit être engagée, il s’agit selon moi non seulement de rénover les institutions mais de clarifier les responsabilités en mettant l’accent sur les personnes et non sur les institutions afin de mieux et de plus les impliquer dans ce qu’elles (les personnes) entreprennent.

L’objectif est d’équilibrer au mieux les impératifs économiques, les exigences environnementales et les priorités sociales. Ce qui ne peut se faire que par l’évaluation des politiques actualisées, la programmation de celles futures et l’inspiration des expériences étrangères.

Pour l’économiste, le prospectiviste, il faut distinguer clairement les faits et les préférences, investir dans des techniques et des méthodes de travail, confier des travaux de recherches à des laboratoires indépendants, mettre en place un comité de suivi des actions et apprendre à anticiper.

Ce sont seulement ici quelques idées recueillies au sein de la société civile préoccupée par le “maintenant” et oubliant le jour d’après, très proche pourtant, les bonnes intentions affirmées au départ.

Partis politiques et société civile doivent débattre…

Dialoguer avec les différents acteurs politiques et échanger avec la société civile, c’est à cela que j’invite les partis politiques et les représentants de la société civile en vue d’une Bretagne libre, autonome ou indépendante. La Bretagne de demain. Parce que les approches sont différentes tout comme les solutions préconisées par les uns et les autres, il va falloir désigner quelqu’un ou quelqu’une pour assurer et assumer le rôle d’éclaireur dans un pays où on cultive l’ambiguïté et où la clairvoyance n’est pas la qualité la plus partagée chez la caste des “décideurs du destin de la nation”.

Soyez assurés que le Réseau des Bretons de l’Etranger jouera son rôle dans l’harmonisation des différents points de vue de tous les acteurs et décideurs à propos de ce que doit être la Bretagne. Car le contexte dans lequel elle vit aujourd’hui ne permet plus à personne d’avancer à l’aveuglette, de dire ce qu’elle pense ou ne pense pas, d’annoncer un projet et œuvrer pour un autre, ou encore de manipuler et de se jouer de l’opinion publique.

Les Bretons ne sont pas dupes, naïfs ou malléables. Ils ont voté “LÉGITIMISTE” parce que l’offre politique des partis ne leur a pas semblé crédible. Grand temps pour que les décideurs économiques et politiques s’en rendent compte et agissent en conséquence.

Jorj Botuha, maitre sonneur, sort du bois

Wednesday, January 27th, 2016

C est la facteur qui fait ma bombarde.
Voici sont histoire.

On le retrouvera cet été dans plus d’une grande fête bretonne. Le maître sonneur le plus titré de Bretagne, qui fabrique lui-même binious et bombardes, a sorti son premier disque : Plijadur (« Plaisir »). Sans savoir ni lire ni écrire la musique. Tout à l’émotion.
« Je n’aime pas la naphtaline, la nostalgie, le folklore. » Pourtant, à 47 ans, Jorj Botuha, maître sonneur quatorze fois champion de Bretagne, considéré par ses pairs comme un virtuose, répète souvent qu’il doit tout à son enfance. « Mon université, cela a été Malachap, à Pluvigner. » Malachap, ou Malachappe. Il évoque avec gourmandise le nom de ce hameau du Morbihan où ses parents travaillaient comme agriculteurs.
Dans les années 60, « c’était cela la vie : on était paysan, forgeron ou menuisier ». D’une fratrie de cinq, lui seul parlera à la musique. « Grâce à mon grand-père, Gaby Robic, de Guénin. Pour les grandes cérémonies, les communions, les mariages, on lui demandait de servir à table car il savait chanter. »
Jorj tend l’oreille. « À la messe, à Trélécan, j’ai connu le temps des cantiques, puis des premiers chants français, mais il y avait une vraie résistance des cantiques bretons. J’étais toujours très ému par l’assistance qui les reprenait : des travailleurs, des laboureurs, des hommes ! Le premier contact que j’ai eu avec la musique, cela a été la voix, le plus bel instrument. »
La sienne, il la poussera à l’école. L’élève turbulent a la révélation lorsque Bruno Le Berre, un jeune paysan voisin, vient y jouer un air de cornemuse. Un vrai cadeau de Noël. « Extraordinaire ! » Plus tard, au lycée, un « pion », le futur musicologue Gérard Lomenec’h, l’envoie sonner chez Yvon Palamour plutôt que distraire ses camarades. Palamour, ébéniste de renom, est aussi un maître de la bombarde et du binioù. Jorj Botuha, lui, est déjà, sans le savoir, un facteur d’instruments. « Je fabriquais des trompettes avec des tuyaux d’arrosage, des anches en seigle, des instruments avec des écorces de châtaignier roulées percées avec des épines de sapins. J’ai fait des anches avec des pots de yaourts. »
De l’enfance, Jorj garde aussi sa langue, le breton. « J’ai grandi dans une campagne presque monolingue. La langue, c’était le vecteur de toute cette ambiance. Le français venait avec l’école et les représentants en machines agricoles. La langue, pour la musique, est indispensable. Parler deux langues, c’est avoir deux systèmes de pensée, une grande ouverture sur le monde, les autres. »
Dans sa Bretagne rurale où il a observé « une solidarité de tous les instants », le musicien a collecté de chansons auprès des anciens. Mais il s’est refusé à devenir paysan. « Je ne me voyais pas là-dedans : je sentais que le système avec des trusts allait mal tourner. Il y avait déjà des pollutions notoires. »
À lui binious et bombardes, dans un petit atelier d’Auray. « Personne n’aurait misé un sou sur moi. » Luthier ? Il doit essuyer, même dans sa famille musicale, d’idiots sobriquets. Il lui a fallu réinventer les perces (outils) des instruments, effectuer des recherches, réécouter les anciens, les Palamour, les Magadur. Aujourd’hui, il équipe les meilleurs bagadoù (groupes de sonneurs) de Bretagne, des solistes de renommée internationale et même un pipe-band de première catégorie en Écosse ! Des étudiants et enseignants de La Sorbonne viennent le consulter.
Car Jorj sait tordre le cou aux idées reçues sur l’origine des instruments celtes. « La bombarde vient du Moyen-Orient et a sans doute été ramenée des Croisades. » Le binioù a une racine plus incertaine, « mais les Romains jouaient déjà de la cornemuse ». Pour lui, « la musique bretonne doit plus aux cultures européennes du Moyen Âge » qu’aux influences celtiques.
Sur son tout premier disque, Plijadur, il accompagne binioù et cornemuses en couples, en trio. Une série de marches allègres, des mélodies poignantes, de danses envoûtantes avec ses amis musiciens du pays d’Auray : Pascal Guingo et Philippe Quillay. L’orgue de Pascal Marsault est un accompagnement léger, qui libère l’espace pour le sonneur. Du travail d’orfèvre. Et pourtant : « Je ne lis pas la musique. Cela ne m’intéresse pas. Le plus beau ne s’écrit pas. L’essentiel, c’est l’émotion. »
Jorj Botuha ne se complaît pas dans une répétition naïve de ce qu’il a entendu. « Je préfère voir des gens expérimenter des choses, même hasardeuses, à un nouveau plagiat. Moi, j’ai envie de mettre de la musique dans la musique. La musique, c’est ce qu’il y a entre les notes. » C’est dans cet esprit qu’il est allé, il y a quelques années, à la rencontre de sonneurs d’origine soudanaise, dans le grand sud-algérien, à Biskra. Pour entendre ce qui se faisait là-bas, sans rien renier de son héritage de Malachap.

Pape François : la communication doit être au service de la paix

Wednesday, January 27th, 2016

Lors de la 50e journée des communications, le Pape a invité les chrétiens a faire preuve d’une “audace positive” pour communiquer avec tous en vue du bien.

Reporters prepare their equipment in front or St Peter's basilica on February 13, 2013 at the Vatican. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO / AFP / ANDREAS SOLARO

Toujours fidèle à sa volonté de transmettre un message de miséricorde, le Pape a récemment défini le pouvoir de la communication comme un pouvoir de “proximité” dans son message pour la Journée des communications sociales. Par lui, nous sommes tous à même d’apporter quelque chose aux autres, par nos paroles et nos gestes.

Bien souvent, comme l’a fait remarqué le Saint-Père, la communication n’a pas pour objectif premier la paix, et transmet davantage un message de peur, de haine ou de méfiance. De plus, les sociétés actuelles, hyper médiatisées, relaient ces informations en temps record grâce à des moyens quasiment illimités et accessibles à tous, notamment par le biais des réseaux sociaux.

“Il faut du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation”

Cependant, faisant face à ce phénomène, certains réussissent à adopter une attitude que le Pape qualifie d’ “audace positive” et qu’il encourage fortement. Celle-ci consisterait à choisir avec soin gestes et paroles, afin de construire la paix en dépassant les incompréhensions.

Loin de condamner la communication et ses manifestations, le pape François encourage donc celles-ci. Bien qu’il faille “condamner le mal avec fermeté”, il est donc nécessaire de privilégier la communication afin qu’elle mène à davantage d’ouverture, d’harmonie et de réconciliation au sein des communautés et des familles.

SERAIT-CE LE RETOUR DES «CI-DEVANT» ?

Friday, January 22nd, 2016

Source : www.ar-gedour-mag.com

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Reconnaissons que la «laïcité à la française» a une «merveilleuse» constante dans son héritage révolutionnaire, fidèle à elle-même, sourcilleuse de son identité, mais qui nie sans vergogne  l’héritage chrétien de l’Europe, de la France, et par voie de conséquence celui de la Bretagne. Cette laïcité, faux-nez  d’une  christianophobie  maladive, rejeton  d’une  République  formolisée  dans des «valeurs» marquées par  toute la vieillesse du monde, renoue, une fois de plus,  avec l’un de ses démons, les  célèbres et sinistres «CI-DEVANT» de la Révolution française.

Rappelez-vous l’Histoire de la Révolution : le langage citoyen branché était imposait que pour rompre avec  le temps des tyrans , tout se devait de devenir « ci-devants ».  On  débaptisait  et  l’on renommait :  la noblesse, le clergé,  les cathédrales,  les églises, les places et les rues, les villes et villages, les fêtes, le calendrier, privés de leurs identités  séculaires,  devenaient des  « ci-devants ».  Les  Provinces perdaient parfois jusqu’à  leur nom tout aussi multiséculaire qui avait imprimé leur Histoire et se voyaient affubler  de  noms nouveaux.  Ainsi, pour la Bretagne dont le nom disparaissait dans les culs-de-basse–fosse de la Révolution, les antiques Pays, les fameux  Broioù . Les “Bro Leon” et “Bro Gerne” (Cornouaille),  devinrent le Finistère ; les Bro Dreger et Penthièvre / Goëlo les Côtes-du-Nord, requalifiés plus tard en Côtes- d’Armor.  Le Bro Gwened (Pays de Vannes) devint le Morbihan (seul département à recevoir un nom en breton) ; le Bro Sant-Malo, le Bro Zol (Dol) et le Bro Roazhon devinrent l’Ille–et-Vilaine, qui laissera la place à la Brétilie ou au moins aux Brétiliens, le nouveau nom des habitants de ce département (sic). Le Bro Naoned est quant à lui devenu la Loire- Atlantique après être passé en Loire Inférieure. La Révolution, en quelques séances de palabres citoyennes, rayait des siècles d’Histoire.

A propos de «Citoyen» : depuis plus de dix ans, renouant également avec le langage révolutionnaire, tout aujourd’hui se doit d’être « Citoyen » : vous vous devez de naître citoyen (si on vous laisse naître…) et mourir citoyen (là, « pour faire de la place », on vous y aidera …) ; vous devez respirer, manger, dormir, consommer, marcher, rouler de manière citoyenne. Encore un effort, et nos besoins les plus naturels se devront d’êtres citoyens. Il est recommandé aussi de « penser citoyen » et si possible d’engendrer de manière citoyenne, c’est-à-dire d’éviter…d’engendrer.  La République et  ses « valeurs » n’ont pas encore imposé de remplacer Monsieur, Madame, Mademoiselle par « Citoyen, citoyenne »  mais ne désespérons pas, il y aura bien un sous-ministre  avide de laisser par une loi son nom à l’Histoire pour nous faire le coup ; et le pire, c’est que ça risque de marcher. Au final, le citoyen sera un citoyen  de nulle  part…

DES  NOMS TROP CHRETIENS

Mais venons-en au cœur de notre sujet : la «réforme des départements» et le «regroupement des communes», avec en coulisse les  charcutages électoraux  entre copains- coquins pour conserver la bonne gamelle, sont autant de prétextes  à  renouer  avec les vieilles  traditions sans-culottides  :  comme le subirent les Broioù bretons, renommer les villes, villages et  lieux-dits.  Cible  privilégiée  de ces  renominations rampantes :  le «Grand-Ouest»,  comme ils disent. Nous avons eu les  catastrophiques  remembrements  des campagnes, détruisant  bois, bocages, talus et  zones humides, pulvérisant les arbres plus que centenaires, et introduisant aux inondations que l’on connait aujourd’hui, voici le remembrement des communes. L’idée est simple et «lumineuse» comme le «Siècle des Lumières» : l’Etat pousse les villages et les bourgs  de petites tailles à fusionner.  Ce mouvement est motivé par de puissantes incitations financières :   plus de dotations de l’Etat et mise en commun des finances, des équipements de diverses natures. Bref, rien que des économies, nous assure-t-on. La réalité est surtout…idéologique, dans la droite ligne des tables rases révolutionnaires. Qui dit  regroupements  et fusions dit forcément  nouveaux  noms, à l’instar de ces mariages d’entreprises.

C’est ainsi que dans le Perche, St Hilaire-le- Lierru et Tuffé  fusionnent pour devenir le 1er janvier 2016 « Val de la  Chéronne». Quelques kilomètres plus loin, le village de Saint-Aignan fusionne avec cinq autres communes pour devenir « Val-au-Perche ». Dans la Manche, Blon, Villechien, Mortain, Notre-Dame-du-Touchet  et Saint-Jean-du-Corail deviennent «Mortain Bocage». Dans le Finistère, Audierne et Esquibien fusionnent pour ne donner qu’une entité : Audierne. Adieu Eskibien, dont les racines remontent au moins à 1110. En Ille-et-Vilaine, la Chapelle-du-Lou-du-Lac regroupe la Chapelle-du-Lou et de Lou-du- Lac. Dans le Morbihan, La Chapelle-Caro, Quily, le Roc-Saint-André ont fusionné pour créer « Val d’Oust ». Naizin, Remungol et Moustoir-Remungol forme les «Evellys » tiré des noms de deux ruisseaux : l’Evel et Lillys qui arrosent ces communes. On appréciera la «haute recherche culturelle» des promoteurs…  En Loire-Atlantique, le village de La Chapelle-Basse-Mer,  si cher à l’historien-écrivain Reynald Secher, fusionne avec  celui de Barbechat, pour devenir « Divatte-sur-Loire ». Ce nouveau nom met en fureur Reynald  Secher, qui le trouve ridicule, d’autant qu’il s’agit du nom d’une rivière à sec six mois de l’année. L’historien, qui a écrit précisément un livre sur le martyre sous la Révolution de La Chapelle-Basse-Mer (1) n’hésite pas à affirmer que cette décision a des relents de christianophobie  dissimulée : « Plusieurs conseillers municipaux ont estimé  que le nom de La Chapelle-Basse-Mer sonnait «trop religieux », ou « trop médiéval ». Avec le nouveau  nom « Divatte-sur-Loire », il n’y a plus de références religieuses et historiques.  La «laïcité à la française»,  le «respect de l’Autre» et le «bien-vivre-ensemble» sont sauvés (n’est-ce pas mieux ainsi, se demanderont certaines bonnes consciences).

A remarquer que les élus ne cherchent plus guère à cacher la vraie raison de ces changements : retirer l’identité historique et chrétienne des villes, villages, paysages ne semble pas leur poser un cas de conscience. Il faut dire que le dogme de la laïcité dans l’espace public les y aide beaucoup, les décomplexe, leur donne toutes les audaces.

On notera donc «l’originalité» des choix : les références identitaires et chrétiennes sont gommées. On veut toutefois nous rassurer en affirmant que  les communes qui se regroupent garderont leurs noms d’origine. La preuve : les panneaux resteront en place, ce qui dans un premier temps est exact.  Mais le  temps et l’usage passant, on en viendra à ne plus parler que de «Divatte-sur-Loire» ou des  «Evellys», comme on dit le 9/3 pour la Seine-Saint-Denis, trop historiquement chrétien…et pour cause. Et comme souvent cela se produit, les panneaux avec les anciens noms seront enlevés pour cause de vétusté ou de travaux, et ne seront jamais remis.  Autre question qui mériterait que les Bretonnants se posent : ne serait-ce pas  une autre façon de lutter de manières dissimulées contre la rebretonnisation des noms ? En effet, comment traduire en breton «Les Evellys» ? En ce début d’année, ce sont 33 communes bretonnes qui vont fusionner, pour fonder 13 communes nouvelles ; 90 sont en projets  dans les cinq départements bretons. Ouest-France rapportait que pour le seul Finistère, “au Nord, Plounéour-Trez, Brignogan et Kerlouan pourraient faire le grand saut. L’Hôpital-Camfrout, Daoulas, Logonna-Daoulas y songent aussi. Entre Saint-Thégonnec et Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, la réflexion est lancée”, ajoutant que “c’est plus compliqué dans le Sud, mais Briec, Edern, Landrévarzec, Landudal et Langolen ne renoncent pas.”

Devons-nous nous attendre à voir disparaître des noms  bretons ou français « trop marqués chrétiens », c’est-à-dire tous les lieux affichant un nom de saint, de sainte, du Christ (comme Pleyber-Christ, Kergrist, Saint-Sauveur), de la Vierge, comme les Locmaria, Maria-Grâce ? Non ! Impossible, personne ne le permettrait !

Nous savons, hélas, que de nos jours tous les « impossibles », les « impensables » deviennent les possibles  et les pensables de demain. C’est  une question  d’esprit à remodeler dans le « bon sens », surtout si c’est au nom du respect des « convictions de l’autre ». Tolérance oblige, c’est une question de temps.

En France, 242 communes doivent ainsi  fusionner d’ici  le 30 juin 2016 pour bénéficier et conserver leurs dotations pour 2017-2018.  Derrière ces « noces citoyennes» il y a bien évidemment des histoires de gros sous…”citoyens”, en somme les “dots citoyennes”. Il y a, nous venons de le dire, un dessein idéologique à peine dissimulé : déchristianiser encore davantage ces  terres des terroirs et des clochers, briser ce qui reste d’identité à ces régions. Il y a aussi une autre volonté, à savoir imposer à ces nouvelles communes qui du coup, par fusion, verront  leurs  habitants  augmenter de manière citoyenne, la fameuse loi  de la politique de la ville, imposant 20 à 30% de logements sociaux pour satisfaire l’arrivée de populations nouvelles “citoyennes”, autre manière de briser le substrat identitaire et religieux de ces territoires. Il importe donc que ces nouveaux citoyens ne se sentent pas agressés par des noms dans lesquels ils ne se reconnaissent pas.  Qu’importe aussi la destruction des terres agricoles, des forêts par plus de bétonnisation.  Dépersonnaliser notre patrimoine, nos paysages, il n’y a pas mieux pour achever la déchristianisation de l’Europe, et faire ce sale travail par ceux-là même qui devraient s’y opposer.  Un peuple qui ne connait plus son histoire est  mûr pour toutes les servilités. La Bretagne, par la négation de son Histoire en sait quelque chose. Mais il semblerait que la leçon n’a été ni comprise, ni retenue : « Citoyen sans-culotte, remettez-nous-çà !… »

Dans toute l’Europe, et la Bretagne est en tête, ce sont des milliers de villes et surtout villages et autres lieux-dits qui portent des noms de saints, de saintes, ou encore,  sous divers appellations, celui du Christ ou de sa Mère, démontrant magistralement que nos paysages, nos champs, nos forêts, nos villes, nos villages sont aussi les leurs. Des «locataires», des «propriétaires» que n’agrée pas la République qui veut  leur signifier leur congé. Pas de place pour eux dans l’hôtellerie de Bethléem il y a 2000 ans, et toujours persona non-grata aujourd’hui. A  l’évidence, le «bien-vivre ensemble», ce n’est pas pour eux.  Chez nous, ils  ne sont plus chez eux, car ces terres ne sont désormais  chrétiennes  que d’apparence ; encore un effort, et elles ne le seront plus du tout…

Dans les années 1970-1980, pour le plus grand bénéfice de  sociétés conceptrices, les communes furent invitées  à abandonner leurs antiques blasons héraldiques, jugés ringards, trop marqués religieusement et historiquement.  Les dites sociétés ayant commis des « artistes » proposèrent aux élus des «blasons»,  pardon… des « logos » qui ressemblaient davantage aux soulagements naturels de quelques renards ou chouettes, à moins que ce ne fut une bouse «artistiquement produite et déposée» par une brave vache. De peur de paraître aussi ringard que leurs anciens blasons, les élus acceptèrent quasiment tous la chose, et déboursèrent des fortunes.

Ces logos rappelaient, nous y revoilà, les destructions systématiques de tous les blasons des Ci-devant nobles, évêques, églises et villes. Les changements programmés  des  noms de nos communes, villes et villages n’est que la suite logique de l’abandon des blasons historiques.  On occulte  ainsi l’Histoire d’un lieu, il ne reste  qu’à lui enlever son nom, comme les régimes totalitaires qui, pour déshumaniser un opposant lui retirent son histoire, son nom avant de lui retirer la vie. La République, elle au moins est fidèle à son histoire, ses «Grands  Ancêtres», ses «traditions», ses dogmes. Elle  ne se renie jamais…

LES  CI–DEVANT  ELITES

Une interrogation se pose : à chaque remise en question de l’identité historique, culturelle et spirituelle d’une région, d’une province, de ses traditions -en ce qui nous concerne de la Bretagne - nous n’entendons aucune protestation  de la part des élites civiles, culturelles, intellectuelles,  ou religieuses. Aucune protestation de la part des organismes ou associations sensées défendre la culture, la foi  du pays, pourquoi ? Ne cherchez pas, la réponse est dans la tyrannie de la  laïcité à la française et des médias. Elles ont ce pouvoir quasi-magique de châtrer ce que nous pensions naïvement être une  élite responsable, cultivée…et courageuse. Il fut une autre époque où les élites bretonnes, car il y en avait, savaient faire preuve d’un viril courage couronné par le sens de l’honneur et,  ayant le verbe haut, elles auraient envoyé la République, ses «valeurs»  et sa laïcité, ses médias … dans leur néant mental.

Mais chut ! Tendez l’oreille, écoutez ! Non … Rien… silence total, les  élites bretonnes sont absentes ! Y en a-t-il encore une, d’ailleurs ?  Ah ! On oubliait…  la Bretagne…danse et chante ;  elle s’est faite cigale pendant que les termites de la laïcité et autres  idéologies  invasives travaillent à  ronger ce qui lui reste de son identité chrétienne et bretonne…

YVON  ABGRALL

Source : www.ar-gedour-mag.com

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1 - « La Chapelle-Basse-Mer, Révolution et contre-révolution » de Reynald Secher (1986. Edition Perrin.

« Vendée, du génocide au mémoricide » de Reynald Secher ( 2011, Editions du Cerf )