Archive for August, 2010

Pariz Breizh

Wednesday, August 25th, 2010

Le Festival Pariz Breizh est une histoire qui a débuté en 2006, à Argenteuil : l’objectif était d’organiser un grand bal breton, un « Fest Noz », et d’y inviter des musiciens de qualité, de Bretagne et d’Ile de France. Chaque année, l’association redouble d’efforts et de nouvelles surprises viennent ravir les festivaliers. En 2009, entre 2500 à  3000 personnes sont venues d’Ile de France, de Bretagne et d’autres régions.   Le traditionnel Fest Noz attire aussi chaque année de plus en plus de monde notamment grâce à  la diversité et la notoriété des groupes qui y sont invités.   Pour ses 5 ans d’existence, l’Association Tud Yaouank veut une nouvelle fois surprendre et marquer les esprits. Aussi elle a mis en place une programmation rassemblant les grosses pointures de la scène bretonne actuelle.

Fans de Bretagne ? Une relation biunivoque entre Breizh et les Bretons de l’Etranger

Wednesday, August 11th, 2010

Lire : http://lorient.letelegramme.com/local/morbihan/lorient/ville/fans-de-bretagne-un-site-pour-eux-11-08-2010-1016425.php

Une relation biunivoque entre deux ensembles est une relation qui à chaque élément du premier ensemble fait correspondre un élément et un seul du second. Si l’on a pu établir une telle relation, alors on est en droit d’assimiler les deux ensembles car on peut passer de l’un à l’autre de façon automatique en appliquant la table d’équivalence ou la règle explicitant la relation biunivoque.

On peut considérer que les Bretons, dans leur immense majorité, pour des raisons culturelles et historiques que l’on a pas besoin de détailler, portent en eux deux vocations nationales : la bretonne et la diasporique, c’est à dire, au fond, la française.

Elles ne sont jamais traitées sur le même niveau, ce qui est parfaitement normal, mais cette relation n’est pas biunivoque et, de fait, pénalise l’efficacité d’une coordination pourtant souhaitée par les deux groupes.

La nationalité française de la diaspora bretonne est visible partout, elle est évidente, et se place d’emblée comme marqueur efficace d’altérité. Sans disserter sur les caractéristiques de cette nationalité et de ce qu’elle peut justement impliquer dans le rapport à la notion d’altérité (!), on constate que, sorti des frontières françaises, un Breton assume généralement parfaitement cette nationalité. Cette nationalité implique par ailleurs très fortement, voire consubstantiellement, un attachement fort à l’Etat, ce qui dans un contexte diasporique, implique une solidarité de citoyenneté, plus qu’une solidarité nationale. Par ailleurs, il faut souligner que les relations internationales ne sont vécues que sur un mode interétatique (confusion si courante anglais/britannique, exemple parmi tant d’autres)

La nationalité bretonne de la diaspora, elle, est vécue de façon hirsute. Pour des raisons évidentes (perte de la langue pour les Bretons concernés, ignorance quasi totale de l’histoire de Bretagne, réflexe d’Etat) la nationalité bretonne se comporte à peu près exactement comme ce que la psychanalyse traditionnelle désigne comme l’inconscient, avec le lot de lapsus, d’actes manqués, qui viendrait en quelque sorte parasiter la visibilité lisse d’une nationalité française affichée. Ce refoulé national s’exprime également dans une sorte de rhétorique que nous qualifierons de poétique : autosatisfaction purement verbale d’être breton (cela n’est pas et ne peut pas être réellement vécu pour l’instant), nostalgie et amour déclaré du pays, dans les limites que lui réservent les clichés français (la mer, la gastronomie, un certain folklore, musical ou culinaire). Une place à part doit être réservé au discours économique ou technocratique : « la Bretagne est riche, compétitive, a réussi à s’en sortir… ».
Pour nous, il s’agit purement et simplement de légitimer avec les moyens du bord la résurgence individuelle de sa propre nationalité bretonne. Une sorte de lapsus travaillé, de sublimation rhétorique d’un sentiment qui de toutes façons, ne s’inscrit jamais dans le réel.

Dans tous les cas, la relation entre Breizh et la diaspora est univoque et est délimité par les acteurs politiques, économiques, associatifs, identitairement corrects et déclarés représentatifs de la Bretagne, et les formules obligatoires (”nous sommes ouverts sur le monde”, “nous nous intéressons à la diaspora” ? “Le thème de la diaspora est très tendance”,”donnez-nous votre fichier d’adresses”, etc. ») qui rappelle la colonisation, la prière au chapelet ou la politesse conventionnelle.

A qui s’adresse réellement ce discours ? Il pourrait être utile de se demander si pour les Bretons expatriés, le marqueur d’altérité n’est pas plus important que le marqueur de la nationalité bretonne qu’ils utilisent. L’essentiel étant, ne l’oublions pas, de vivre, de s’insérer, de se démarquer, dans un contexte international où la nationalité française apporte alors tout ce dont l’expatrié peut avoir besoin (services consulaires, formalités administratives, sécurité, scolarité, santé).

Dans le contexte général de la diaspora, on peut regretter le refoulement de la nationalité bretonne et ses conséquences, mais il faut bien reconnaître la difficulté pour le Breton de l’Étranger d’inscrire sa nationalité bretonne dans le réel. A cela deux raisons : i) la relative ignorance de la Bretagne des motivations et des réalités de la vie de l’expatrié ii) la relative condescendance des acteurs  politiques, économiques, associatifs, déclarés représentatifs de la Bretagne vis a vis des Bretons de l’Etranger iii) hors des frontières de France, les bretons sont français. Dans un environnement francophone, la citoyenneté française devient même le seul critère apparent d’altérité.

Les acteurs politiques, économiques, associatifs, déclarés représentatifs de la Bretagne ne devraient pas penser que les Bretons de l’Étranger souffrent du « syndrome de l’utérus » causé par l’éloignement de la Bretagne. Les Bretons de l’Étranger ne fantasment pas leur propre Bretagne. S’ils sont coupés des réalités quotidiennes bretonne, ils ne se réfugient pas pour autant dans la folklorisation de la Bretagne. Dans tous les cas, la nostalgie reste un phénomène individuel, et la Bretagne est une auberge espagnole. Si en Bretagne, le peu de tissu social breton, (et par là nous entendons aussi bien un réseau bancaire commun, un secteur de prospection pour un commercial, que les migrations des étudiants à Rennes ou à Nantes, voire France 3) peut forger un embryon de sentiment national, à l’étranger, il ne peut être que différent et plus préoccupée des réalités du pays d’accueil.
Bref, encore plus qu’en France, être breton à l’Étranger ne sert strictement à rien, sauf si une réelle relation biunivoque s’instaurait entre les Bretons de Bretagne et les Bretons de la Diaspora.
La préoccupation affichée de “faire la promotion d’un site dont l’objectif est de recruter les Bretons de l’étranger pour en faire des ambassadeurs” n’a aucun sens et ne peut, à l’étranger, évidemment pas exister, Le discours devient parfaitement inefficace. Le discours, dans un tel contexte, ne peut attirer que plus de « rêveurs » encore qu’ils n’en attirent en Bretagne. Adieu l’efficacité.

Il nous semble que l’on retrouve ici ce qu’il y a de pire en Bretagne, du point de vue de l’inscription de l’identité bretonne dans le réel.

Il nous semble qu’il y a un gros manque de discours. De la rhétorique poétique ou mythique, il faut passer à la rhétorique du business, au sens d’une pratique quasi culturelle, où la réussite des exportations bretonnes et les investissements bretons à l’étranger sont avant tout le marqueur d’une réussite nationale bretonne. On peut imaginer de faire de la communauté bretonne de la diaspora une sorte de plateforme stratégique opérationnelle, en ayant en tête que l’action commerciale et les pratiques utilisées ici apporteront des éléments de méthodes pour la Bretagne elle-même.

Mais cette relation doit être biunivoque. Une diaspora ? Oui, pourquoi pas. Mais c’est tout un tissu social à construire ou à reconstruire, des services à proposer (aide administrative, pallier la solitude, etc.), des aides pour les Bretons de l’Étranger à la création d’entreprises en Bretagne, des appuis logistiques et humains d’aides à l’exportation et notamment d’exportation de l’expertise bretonne.

Claude Guillemain

Réseau des Bretons de l’Etranger - RBE -
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Le droit de travailler dans sa langue

Thursday, August 5th, 2010

Veuillez trouver, ci-dessous, la traduction en langue bretonne de l’appel du  9 mars sur le droit de travailler dans sa langue.  Il est actuellement diffusé dans les milieux bretonnants  où il rencontre un grand succès , notamment auprès de syndicalistes. Cette diffusion est accompagnée du communiqué ci-dessous :

« La république, malgré des efforts soutenus, n’ayant pas réussi à éradiquer complétement la langue bretonne, il serait  irresponsable -  d’un point vue strictement humanitaire - de laisser les ouvriers bretonnants (il est bien entendu que la bourgeoisie est parfaitement francophone ou bilingue) se blesser en usant de matériels dont le mode d’emploi serait rédigé exclusivement en anglais, macédonien, papou ou même français. C’est pourquoi nous avons cru utile de faire traduire en excellent breton le texte de l’appel du 9 mars; une traduction est en cours en gaélique irlandais, une autre en alsacien »

Merci à nos amis journalistes de  relayer.

Kengor an 9 a viz meurzh evit ar gwir d’ar yezh broadel hag a enep ar gwallziforc’h e keñver ar yezh.

Dileuridi sindikadoù Bro Alaman, Bro C’hall, Itali, ha kevrededigezhioù evit brudañ ar yezhoù broadel ar broioù-mañ kenkoulz ha kevredigezhiou diouz Bro Belgia ha Bro Kebec hag a sin dindan an destenn-mañ, o deus en em bodet an nav a viz meurzh e Pariz, e Palais-Bourbon, dindan kadoriadur an aotrou Jacques Myard, kannad, maer Maisons-Laffitte (departamant an Yvelines).

- o vezañ ma’z eus poanioù ha gwallziforc’hioù evit an implijidi en ur embregerezh pa ya ur yezh estren da vezañ pouezusoc’h eged o yezh broadel  er embregerezh-mañ;

- o lakaat da soñj hag emañ ar gwallziforc’h e keñver ar yezh difennet groñs gant Karta ar gwirioù diazez Unvaniezh Europa, zo bet votet e bloazh 2000. Ouzhpenn-se emañ diazezet kevatalder en un doare lezennek gant an emglevioù a groueont an Unvaniezh Europa ;

- oc’h en em harpañ, diouzh un tu ouzh o lezennoù diazez hag ouzh o gwirioù broadel, ha, diouzh un tu all, ouzh Kenemglev e keñver al liesseurted sevenadurel hag a zo bet degemeret gant an Unesco e miz here 2005, ha lakaet war pleustr goude bezañ degemeret, dreist holl en o broioù ;

- oc’h en em lavarout a du gant kefridioù Senad Bro C’hall ha Bundestag Bro Alaman o deus lavaret drezo da Unvaniezh Europa, e 2009, hag emañ an Unvaniezh diazezet war unelezh e liesseurted ; al lieseurted-mañ a c’heller displegañ dre al liesyezhelezh peurgetket ;

- o vennout strizh lakaat da echuiñ ar poanioù hag ar gwallziforc’hoù-mañ, adsevel lieusserted ar yezhoù ha dellezegezh ar yezhoù broadel, ha lakaat da vezañ doujet gwir an implijidi da labourat gant ar yezhoù-mañ ;

  1. a sav ” Kengor an 9 a viz meurzh evit ar gwir d’ar yezh broadel hag a enep ar gwallziforc’h e keñver ar yezh” hag a zo e barzh ur genurzhierezh etrevroadel a liammo sindikadoù, tud politikel, kevredigezhioù vrudañ ar yezhoù broadel ha liesseurted ar yezhoù, evit kenurzhiañ ar c’heleier, ha dreist holl, reiñ al lañs oberiadennoù broadel, europat hag etrevroadel evit demokratiezh ar yezhoù.

  2. a c’halv sindikadoù, dilennidi ha kevredigezhioù an holl vroioù hag a zo o falioù an hevelep re dont ganto, a bed an holl aozadurioù da bourvezhiñ o finvidigezhioù, evit ur mont endro efedus ;

  3. a resis hag e vezo an emlusk d’ur genurzhierezh etrevroadel a sindikadoù, peurgetket evit kevrennañ ar c’heleier ha kenurzhiann an oberiadennoù, war dachenn an embregerezhioù hag an darempredoù el labour : ra vo ur politikerezh demokratezel evit ar yezhoù un tu-kreñv e barzh ar sindikadoù ; da gentañ e vo red reiñ da anaoudegezh ar studioù kaset da benn gant skol veur Jeneva ha skolaj “Modern Üzletitudomànyok Föiskolàja” deus Tatabànya e bro Hungaria, war dro tuoù mat evit ekonomiezh ar Rouantelezh Unanet ;

  4. en em ouestl sevel ur reizhenn evit mont endro ar genurzhierezh, ar buanañ ar gwellañ ;

  5. a c’houlenn digant Kadoriad Breudoù Europa; digant kadoridi strolladoù parlamantel Europa, digant an Aotrou Graça Moura, dezreveller war al liesyezegezh ha digant ar c’hefridiour e karg an teuliad, an aotrou Leonard Orban, degemer ur gannadur e mallusted evit selaouiñ e goulennoù war dro ar ginnig kefridi e keñver al liesyezegezh hag a zo bet degemeret gant kengor e karg ar sevenadur Breudoù Europa, d’ar 24 a viz c’hwevrer tremenet. Anadiñ ra bezañ diwezhat, pa soñjer e teuio prestik an dilennadegoù europat.

Graet an 9 a viz meurzh 2009, Palais Bourbon, Pariz.