Archive for December, 2009

Bloavezh mat ha yec’hed mat

Wednesday, December 23rd, 2009
Dromadaire.com
Claude Guillemain
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De la part de Claude Guillemain (claudeguillemain@yahoo.fr)

“Faut‐il parler anglais pour être Européen ?

Sunday, December 13th, 2009

Intervention rédigée de Michel THEYS
Journaliste, spécialiste des questions européennes ‐ EuroMedia Services‐
Débat organisé par DLF Bruxelles‐Europe le 17 novembre 2009

Le cul‐de‐sac anglais
“Faut‐il parler anglais pour être Européen ?”
Pour répondre à cette question qui ne cesse de gagner en pertinence, il importe d’abord
de remonter dans le temps. La question des langues a, en effet, toujours été présente dans
la construction européenne. Quelques exemples en attestent.
Eté 1952 : la Haute Autorité – on dirait aujourd’hui la Commission – de la première
Communauté, la Communauté européenne du charbon et de l’acier, s’installe à
Luxembourg. Le vice‐président belge, Albert Coppé, un flamand de Bruges – mais c’était un
temps où l’élite de la partie nord de ce pays parlait parfois mieux le français que certains
francophones… – adresse sa première note au président, Jean Monnet, en néerlandais. Il
revendique ainsi que le néerlandais devienne, tout comme l’italien, une langue officielle
de la Communauté. Son combat n’a pas été vain : sans doute lui doit‐on peu ou prou,
aujourd’hui, le fait que toutes les langues nationales des Vingt‐sept soient reconnues
comme des langues officielles de l’Union. Ce n’est pas anodin : c’est ce qui différencie
l’Union européenne des organisations internationales. Dans l’Union, un citoyen slovène
peut s’adresser à une institution européenne, que ce soit la Commission, le Parlement ou
le Conseil, dans sa langue. Il lui sera répondu dans sa langue ! Ce n’est pas le cas, par
exemple, aux Nations Unies où seules cinq langues officielles prévalent.
Pour l’anecdote, Jacques‐René Rabier, qui était, à l’époque, de la garde rapprochée de
Monnet, rappelle parfois que Coppé a aussi été ramené au principe de réalité et à
l’humilité. Un beau jour, il entame un propos en flamand. Très vite, Rabier et les autres ne
voient‐ils pas le membre néerlandais de la Haute Autorité… sauter sur ses écouteurs ?! En
quelque sorte, on n’est jamais trahi que par les siens. Sans doute Coppé a‐t‐il médité alors
la formule “Dieu, protège‐moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge”… Tout cela pour
dire que dans le domaine des langues, rien n’est simple.
Rien n’est simple mais, hélas, tout tend, désormais, à être simplifié de manière artificielle
dans le monde des institutions européennes. Moins au Parlement européen qu’au Conseil
des ministres et, surtout, à la Commission, la tendance est de plus en plus nettement au
“tout à l’anglais”.
Pour ce qui est des langues de travail des institutions, l’anglais domine désormais de
manière chaque jour plus écrasante. Le français recule et l’allemand s’effondre. Faut‐il s’en
offusquer ? Le principe de réalité, à nouveau, pourrait inciter à se résigner : après tout,
dans l’Union élargie des Vingt‐sept, l’anglais est bel et bien la lingua franca des élites ou
pseudo élites politico‐administratives de l’Europe. C’est par ce biais linguistique que cette
élite a appris à se parler le plus largement – se comprendre, c’est autre chose. Dont acte,
donc. Fallait‐il, pour autant, que les négociations d’adhésion de la Commission avec des
pays comme la Bulgarie et, plus encore, la Roumanie – où la connaissance du français reste
prégnante – soient menées en anglais exclusivement ? Poser la question, c’est
évidemment y répondre. Il y a donc dérive inquiétante.
La dérive est plus grave encore lorsqu’on observe la communication des Institutions, la
Commission en tête, vers les citoyens. L’exemple le plus frappant est les banderoles qui
annoncent des événements sur les façades des institutions européennes.
Dans une ville où prédomine le français, où le flamand, le néerlandais, a toute sa place,
dans la capitale d’un pays où l’allemand est aussi la langue d’une communauté nationale,
est‐il normal, justifiable, que ce soit l’anglais qui soit systématiquement, ou presque,
privilégié comme langue de communication ? Est‐il normal – et, plus encore, acceptable,
admissible – que la communication des institutions par Internet privilégie l’anglais à
outrance ? Rien ne le justifie : les citoyens ne sont pas fatalement les élites. L’objectif de
Jean Monnet était non pas de coaliser des Etats, mais bien d’unir des peuples. Or, on
n’attrape pas plus des mouches avec du vinaigre, la sagesse populaire le dit, qu’on
n’attrapera les citoyens avec le seul anglais. L’anglais reste un corps étranger dans la
culture de beaucoup de citoyens européens. A vouloir aveuglément l’imposer, les
institutions, Commission en tête, ne commettent pas seulement une erreur coupable par
rapport aux visées humanistes du projet européen, ils commettent une faute !
Mais voilà – et, là, le propos deviendra politiquement peu correct aux yeux de certains –
s’agit‐il vraiment d’une erreur coupable et/ou d’une faute ? Ne s’agit‐il pas plutôt du fruit
d’un complot – oui, osons ce mot – en tout cas d’une stratégie mûrement réfléchie dans le
monde anglo‐saxon ? Quelques éléments incitent à le penser.
D’abord, le président américain Eisenhower n’aurait‐il pas arrêté, dans les années 1950,
que la suprématie des Etats‐Unis dans le monde, que celle‐ci soit militaire ou économique,
devrait être consolidée par une offensive culturelle et, partant, linguistique afin de devenir
durable ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette stratégie a été payante : la culture
hollywoodienne triomphe sur tous nos écrans et jusque dans certaines assiettes, grâce à la
McDonaldisation. De la sorte, la culture américaine a fait le lit du triomphe de l’anglais
dans le monde de l’économie, de la finance, des multinationales et, même, des sciences.
Aujourd’hui, un universitaire qui ne publie pas en anglais est voué à l’anonymat, sauf rares
exceptions.
Sur le plan européen, sans doute y a‐t‐il pire. Certains pensent que la Grande‐Bretagne à
adhéré à l’Europe communautaire en sachant que c’était un “club de buveurs de
Bourgogne”, mais d’emblée avec la ferme intention de le transformer en “club de buveurs
de whisky”. Or, les Britanniques, tout le monde en conviendra, sont d’une redoutable
efficacité, et l’Union que nous connaissons aujourd’hui, bien éloignée de celle voulue par
les “pères fondateurs”, en porte la marque. Mais voilà, le mal est peut‐être encore
beaucoup plus profond et pervers…
Revenons à l’histoire. Université de Harvard, le 6 septembre 1943. Ce jour‐là, Winston
Churchill reçoit un diplôme d’honneur et prononce un discours. Que dit‐il ? Que l’anglais,
cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est “un
héritage commun sans prix” et qu’il se pourrait bien que cette langue “devienne un jour la
base d’une cité commune”. Simple propos de circonstance ? Non, véritable projet politique
: “Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d’étendre notre langue
plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur
autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage”. On est là
dans le registre d’une autre “qualité” que certains reconnaissent aux Anglais, la perfidie,
puisque Churchill ajoute dans la foulée qu’Américains et Britanniques devraient étendre
l’usage de l’anglais afin qu’ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, “trouver
partout un moyen, aussi primitif soit‐il, d’expression et d’entente”, ce qui, pour le Premier
ministre britannique de l’époque, permettrait aussi de “profiter à bien d’autres races et
favoriser le développement d’une structure nouvelle pour le maintien de la paix”.
Et Churchill de conclure que “De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que
celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et
les exploiteurs”, le tout étant ponctué par un vibrant : “Les empires de l’avenir sont des
empires de l’esprit” !
Oui, vous avez bien entendu ! D’où cette question : l’Europe n’est‐elle pas devenue,
victime consentante ou, à tout le moins, coupablement ignorante, une partie de cet
“empire de l’esprit” ?
En tout cas, dans le contexte européen, le British Council semble avoir constitué, à
l’évidence, le bras armé de cette stratégie linguistique, lui qui, dans un rapport annuel du
début des années 60, indiquait ouvertement, je cite : “Enseigner l’anglais au monde peut
être presque considéré comme une extension de la tâche qui s’imposait à l’Amérique
lorsqu’il s’agissait d’imposer l’anglais comme langue nationale commune à sa propre
population d’immigration”. Or, à perfidie perfidie et demie, pourquoi se priver de poser
cette question ingénue : après avoir cassé l’administration à la française qu’était la
Commission européenne depuis les origines, est‐ce tout à fait par hasard si Neil Kinnock
est devenu le… président du British Council ?
Autre indice troublant, un proche conseiller de Tony Blair, Charles Grant, n’a‐t‐il pas prédit,
dans un opuscule publié au début des années 2000 et intitulé “L’avenir de l’UE : une vision
optimiste”, le triomphe absolu de la langue anglaise au sein des institutions européennes
en annonçant que celle‐ci serait reconnue langue unique de travail et de communication –
vers 2005, précisait‐il même – de l’Union ? Cela ne prouve rien ? Sans doute. Mais avouezle,
il n’y a pas de fumée sans feu et, aux assises, des prévenus se font condamner sur la
base d’un faisceau de présomptions. A tout le moins, il existe bel et bien des
présomptions, et celles‐ci devraient interpeller.
Restons toutefois optimistes. S’il s’avère qu’il y a bien eu complot pour asseoir
l’hégémonie linguistique de l’anglo‐saxon afin de dominer le monde politiquement,
militairement et sur les plans économique et financier, s’il devait être démontré et prouvé
que ce qui est en oeuvre à Bruxelles, c’est un projet de domination de l’Europe par la
langue au service du pouvoir financier américain, par le relais de l’Angleterre et de sa City,
y simplement réfléchir suffirait déjà à semer le vent d’une révolte salutaire. Et les temps
s’y prêtent comme jamais au cours du siècle précédent : avec la crise financière
gigantesque née aux Etats‐Unis, dans l’hyper capitalisme financier anglo‐saxon, c’est une
forme de conditionnement des esprits qui, de par le monde, se lézarde. Cette crise
économico‐financière bouleverse une donne que l’on pensait immuable : avec la montée
en puissance de la Chine ou de l’Inde, ce sont de nouveaux acteurs qui s’affirment,
porteurs de projets de société qui ne seront plus les mêmes que celui défini à Washington
et à la City. Le monde de la pensée unique anglo‐saxonne est mort ou, du moins, se meurt
sans doute. Du coup, la langue anglaise tombera sans doute, demain, peu ou prou de son
piédestal pour redevenir, sur le globe, ce qu’elle est en réalité : une langue parmi d’autres.
Il serait bon que l’Union européenne, unie dans la diversité, ne tarde pas à s’en persuader
et à en tirer toutes les conséquences, faute de quoi elle risque peut‐être de connaître
demain, dans le monde, le même sort que l’anglais…

Parti Breton, UDB : la vaine concurrence

Saturday, December 12th, 2009


Modèle horizontal, et non pas vertical

Dans le monde postmoderne, toutes les formes politiques héritées de la modernité deviennent obsolètes.

La vie politique ne se résume plus à la concurrence des partis. Le modèle « léniniste », dans lequel les partis cherchaient à arriver au pouvoir pour appliquer leur programme, est largement périmé, car la marge de manœuvre des gouvernements, qu’ils soient nationaux ou régionaux, se réduit un peu plus tous les jours. Les États-nations perdent à la fois leur centralité et leur légitimité.
Leur centralité parce qu’ils sont désormais trop grands pour répondre aux attentes quotidiennes des gens, mais en même temps trop petits pour faire face au déploiement planétaire des problématiques et des contraintes.

Leur légitimité parce que, les creusets institutionnels d’intégration sur lesquels ils s’appuyaient autrefois (l’école, l’armée, les syndicats, les partis, etc.) étant tous entrés en crise les uns après les autres, ils ne sont plus producteurs de social.

Le lien social se reconstitue dès lors à l’écart des autorités administratives et des institutions surplombantes. La globalisation entraîne un divorce entre le sens et le signe, qui se traduit par une désymbolisation généralisée de la vie politique. La crise de la représentation, la montée de l’abstention dans les consultations électorales, la floraison des populismes et des nouveaux mouvements sociaux, sont encore d’autres symptômes caractéristiques de cette évolution.

Si nous assistons simultanément à la fin des Etats-nations au profit des communautés et des continents, à la fin des organisations de masse au profit des réseaux, à la fin du modèle de l’explosion/révolution au profit de celui de l’implosion/dispersion, à la fin des logiques territoriales au profit des logiques transnationales, à la fin de l’individualisme solitaire au profit de l’intersubjectivité des groupes, on ne peut pas dire que les Bretons aient encore bien compris les enjeux de ces transformations profondes.

Arc-boutés sur des modèles du passé, les yeux rivés sur le rétroviseur de l’histoire, l’Emsav tente encore de nous faire croire qu’ils ont compris le sens des cinquante dernières années.

Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l’ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c’était la révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, et notamment à la tête des partis politiques et des services publics en général.

Ainsi s’élargit jour après jour, la faille profonde et qui va en s’élargissant entre le monde politique et les membres plus humbles de la société qui redoutent désormais de voter pour des bureaucrates dépourvus de tout sentiment d’identité ou d’appartenance nationale.

Le monde globalisé, aujourd’hui, est avant tout un monde de réseaux. Ces réseaux associent des individus en fonction de leurs affinités, de leurs opinions ou de leurs centres d’intérêt, sans qu’entre en ligne de compte leur plus ou moins grande proximité territoriale.

Leur grande caractéristique — qui les distingue des autres organisations — est qu’il n’ont

ni centre ni périphérie : tout point d’un réseau est à la fois central et périphérique. Les réseaux sont aujourd’hui de toutes sortes : réseaux politiques, industriels et financiers, réseaux d’information, réseaux criminels, réseaux terroristes, etc. Leur mode de fonctionnement est essentiellement celui de la délocalisation.

Ces quelques considérations suffisent à comprendre combien il serait vain de chercher à identifier un « chef d’orchestre » de la politique bretonne de l’Emsav.

Dans la mesure où elle consiste essentiellement en une multiplication de réseaux, la vie politique bretonne n’a ni centre ni opérateur ou poste de commandement central. La puissance bretonne fonctionne selon la logique propre aux Celtes: modèle horizontal, et non pas vertical, « cybernétique » et non pas actionné ou commandé à distance.

La cause du développement de la Bretagne tient dans sa seule existence.

Claude Guillemain

Breizh 2004
http://www.breizh-2004.org/

Réseau des Bretons de l’Etranger

http://rbe-suarl.com/

Lire : http://an-erminig.hautetfort.com/archive/2009/12/11/8e8d070f53f9f4cc1e4418ae95247a6a.html

Un village breton 100% écolo

Sunday, December 6th, 2009


Amélie Cano

Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l'écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).
Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l’écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).

REPORTAGE - S’inspirant d’exemples en Allemagne et en Autriche, ce village breton de 450 habitants vit depuis dix ans selon les principes du développement durable.

Assis dans son bureau, Serge Moëlo, le maire de Silfiac, est intarissable sur son nouveau projet : un pôle intergénérationnel, qui abritera des logements pour personnes âgées dépendantes et des studios pour les puéricultrices de la commune. Pendant qu’il parle, il ne cesse de fouiller dans les nombreux dossiers qui encombrent la pièce, avant de brandir triomphalement les plans du futur bâtiment. «Nous voulons installer une centrale photovoltaïque sur le toit, pour en faire un bâtiment à énergie positive» s’enthousiasme-t-il. Des projets comme celui-ci, Serge Moëlo en a plein la tête. Maire de Silfiac depuis 1995, c’est en grande partie sous son impulsion que cette petite commune de 450 habitants a fait le choix du développement durable, il y a près de dix ans.

Condamnée

Nichée au cœur de la Bretagne, aux confins du Morbihan, dans cette zone que l’on a souvent décrite comme désertée, voire condamnée, rien ne prédisposait Silfiac à devenir une référence en matière de développement durable. Largement tourné vers l’agriculture, le village voit peu à peu disparaître ses habitants. Au début des années 1990, son école est menacée de fermeture. «Je suis arrivé à un moment où il fallait réagir, on était au fond du trou», explique Serge Moëlo. Alors adjoint au maire, il s’évertue à sauver l’école du village grâce à des initiatives originales. Avec d’autres conseillers municipaux et les enseignants, il explique aux élèves la vie municipale. Les enfants organisent un vote dans toute la commune pour baptiser leur école, et vont jusqu’à réaliser un vrai-faux mariage breton, avec banquet et documents d’état civil à l’appui. Peu à peu, les habitants de Silfiac regardent d’un autre œil ce drôle d’adjoint aux initiatives si peu orthodoxes.

Hameau éco-citoyen

La commune investit dans le tourisme vert, développe des sentiers de randonnée, préserve son bocage. En 2001, elle franchit un cap. Silfiac possède une quinzaine de terrains à vendre. Le conseil municipal se prononce en faveur d’un hameau écocitoyen. Développé en Allemagne ou en Scandinavie, ce concept vise à associer normes environnementales sévères et organisation sociale responsable. «On a dû élaborer un cahier des charges, définir des objectifs en matière d’économies d’eau, d’énergie, de mixité sociale» se souvient Serge Moëlo. Une quinzaine de maisons s’élèvent aujourd’hui à la sortie du bourg. Les habitants viennent de toute la France, ravis d’avoir enfin trouvé un endroit où réaliser leur rêve écologique. D’autant que la plupart d’entre eux ont des revenus modestes, et accèdent pour la première fois à la propriété. Françoise, jeune retraitée, arrive de Paris. Elle a opté pour une maison bioclimatique, toute en bois, et se chauffe grâce à un système géothermique. «C’est un projet que je nourrissais depuis longtemps, j’ai étudié les différentes possibilités avec un cabinet d’architecte avant de me décider,» dit-elle.

Laboratoire à ciel ouvert

L’électricité provient des trois éoliennes qui surplombent le village, les eaux usées du bourg sont en partie assainies grâce au lagunage, les déchets sont triés, les espaces verts sont biologiques… «Cela prouve qu’il est possible de vivre de manière plus durable» affirme le maire. Des réalisations qui n’auraient pas été possibles sans le réseau de solidarité tissé avec une centaine d’autres villages bretons engagés dans le développement durable, et sans les subventions accordées par la région, le département ou l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). «Si des petites communes comme les nôtres peuvent le faire, alors les grandes villes n’ont plus d’excuses» sourit Serge Moëlo d’un air malicieux. Grâce à son dynamisme, Silfiac a pu développer l’emploi local, conserver son école, et même attirer de nouveaux habitants. Serge Moëlo, quant à lui, a atteint l’objectif qui lui tient à cœur : redonner aux habitants une meilleure opinion d’eux-mêmes. «On a longtemps vu la campagne comme un univers en perte de vitesse, uniquement voué à la désertification. Aujourd’hui, ils se rendent compte qu’ils peuvent être porteurs de solutions, que le monde rural est au cœur des enjeux de notre société».