Archive for June, 2008

L’IMMORTELLE BETISE DES JACOBINS BRETONS (et français)

Wednesday, June 25th, 2008

Langues régionales: «Le Sénat est un frein à la modernité»

Thursday, June 19th, 2008

 

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, soutient l’amendement inscrivant les langues régionales dans la Constitution. Pour lui, le rejet du texte par les sénateurs montre que ceux-ci «ne se rendent pas compte de la modernité du sujet».

Le Sénat a rejeté l’amendement permettant la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. C’est un nouveau camouflet pour les députés UMP qui ont porté le texte…

Je trouve d’abord que nous avons énormément progressé sur la question des langues régionales en France. Le vote du 22 mai à l’Assemblée est très positif pour les régions concernées. Il a suscité des débats passionnants. Cela montre qu’on prend conscience de l’importance de la sauvegarde de ces langues. Le Sénat a malheureusement une conception très jacobine de la France. Ils sont censés représenter et défendre les territoires du pays, leur position contre l’amendement montre qu’ils n’ont pas compris l’importance du sujet. En commission le texte avait pourtant été adopté par les sénateurs. Aujourd’hui ils le refusent, c’est dommage.

Certains sénateurs craignent que cet amendement soit un premier pas vers l’adoption de la charte européenne sur les langues minoritaires, charte dont ils ne veulent pas. Ont-ils raison?

Je suis un partisan de la charte européenne. La plupart des pays de l’Europe l’ont adopté. C’est un texte qui protège les langues régionales, mais en aucun ne renie la langue officielle d’un pays. Bien sûr le débat sur la charte suivra. Mais pour l’instant ça n’est pas le sujet. Ce qu’on veut avec cet amendement, c’est pouvoir mettre en place des lois pour protéger le patrimoine régional. Mais encore faut-il que ces lois soient protégées par la Constitution. Les sénateurs ne se rendent pas compte de la modernité du sujet. Il faut comprendre que cette affaire de langues régionales touche bien au-delà des locuteurs. Nombreux sont les français qui ne parlent pas ces langues mais qui y sont néanmoins attachés.

Ce non des sénateurs, notamment des sénateurs de droite, fragilise-t-il selon vous le groupe UMP?

Je suis très gaulliste, le gaulliste version 1969, quand De Gaulle a voulu décentraliser le pays et s’est opposé au Sénat. Le Sénat est un frein à la modernité, et là aussi il faut savoir s’y opposer, ça n’est pas une question de droite ou de gauche. Mais il va y avoir une deuxième lecture à l’Assemblée et je ne doute pas que nous parvenions à un accord satisfaisant.

 

Propos recueillis par Marie Rostang

LIBERATION.FR : jeudi 19 juin 2008

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/333405.FR.php

 

Exit les langues régionales : la France au français !

Thursday, June 19th, 2008
« Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n’est pas en faisant appel aux langues régionales », déclarait l’un des opposants aux langues régionales, Jean Pierre Fourcade, sénateur UMP lors du débat qui a eu lieu le 18 juin au Sénat à propos de la modification de la Constitution.En effet, les sénateurs ont voté à la majorité de 216 voix contre 103 un amendement demandant le retrait de la référence aux langues régionales dans l’article 1 de la Constitution.

Lorsque la diversité linguistique et culturelle est prônée dans le monde entier, la France est plus nationaliste que jamais. Il s’agit d’un des derniers pays en Europe à refuser de donner une place officielle aux langues régionales. À l’heure où la France est épinglée par les rapports internationaux sur son traitement des problématiques minoritaires, elle ne montre pas le visage d’un pays tolérant, bien au contraire.

Le texte prévoyant l’inscription des langues régionales dans la Constitution avait pourtant été adopté à la quasi-unanimité à l’Assemblée nationale, mais au Sénat la majorité UMP, ainsi que les communistes, les centristes, les radicaux et quelques socialistes ont voté un amendement demandant son retrait.

Déjà avant-hier, l’Académie française estimait que les langues régionales étaient un danger pour l’identité nationale, estimant que l’exclusivité du français était nécessaire dans un pays qui n’aime ni la langue anglaise, ni les langues régionales, ni certainement les autres langues dans la monde.

Doit-on en conclure qu’en France, le mot identité ne peut se prononcer qu’en langue française ? Ce vote du Sénat est au moins une belle preuve d’un jacobinisme farouche où la diversité n’a pas sa place. Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Occitans, Flamands, Bourguignons… doivent-ils se considérer comme des étrangers ?

A quoi joue-t-on à l’UMP ? La France a besoin de réformes profondes, de réformes structurelles, culturelles, politiques et économiques. Ce refus du Sénat est décidément de très mauvaise augure pour le succès des réformes que nous espérions. C’est à l’UMP de montrer l’exemple, de montrer le chemin de la modernité et des réformes.

Claude Guillemain

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Pourquoi les Irlandais ont-ils voté non ?

Wednesday, June 18th, 2008

 

Ils bénéficiaient de l’Europe et faisaient confiance à leur gouvernement.

Alors pourquoi …?

Qu’une majorité d’électeurs n’aient pas fait confiance à ceux-là mêmes qu’ils avaient élus pour les gouverner, et sur une question aussi fondamentale pour l’Irlande que ce traité de Lisbonne, voilà qui en dit long sur l’état de la démocratie irlandaise. 
 
Les Irlandais semblent avoir fait confiance à une coalition hétéroclite, regroupant le Sinn Féin, des catholiques ultraconservateurs, des militants d’extrême gauche et un homme riche lié aux néoconservateurs va-t-en-guerre américains, qui vit dans une demeure somptueuse [Declan Ganley, le financier de la campagne pour le non]. Cela en dit long sur l’état de la vie politique irlandaise et la nature de l’électorat, alors que l’Irlande est plus prospère que jamais.

Les politiques doivent maintenant se demander pourquoi ils ont si peu d’influence réelle sur une question si importante. Les électeurs, eux, doivent s’interroger sur leur incapacité (ou leur réticence) à s’informer sur une question politique d’une telle importance.

Certes, le citoyen irlandais peut trouver injuste d’avoir eu à se prononcer sur l’avenir de l’Europe par référendum, alors que les autres pays n’en organisent pas. Mais il n’a aucune excuse pour ne pas s’informer des enjeux.

La principale raison de voter non a été le fait que les citoyens irlandais ne savaient pas sur quoi ils votaient ni quel était l’enjeu !

Ceux qui ont fait campagne pour le oui devraient aujourd’hui se demander pourquoi tant d’électeurs sont restés sourds à leur message tout en étant prêts à gober toutes les affirmations, souvent manifestement fausses, colportées par les partisans du non.

Mais, alors même qu’une majorité d’électeurs a voté non, et a rejeté le traité, elle semble assez satisfaite du gouvernement et de la manière dont il dirige le pays. C’est là l’un des paradoxes de ce sondage, qui montre par ailleurs que le Fianna Fáil serait confortablement réélu pour un nouveau mandat s’il y avait des élections cette semaine. Pourtant, sur une question bien plus importante que de savoir qui va siéger autour de la table du Conseil des ministres, les électeurs ignorent joyeusement le gouvernement comme l’opposition et préfèrent accorder leur confiance à des fantaisistes de tout poil.

Il semble que, lorsqu’il s’agit d’élire des représentants, l’électorat  irlandais choisit des coursiers qui s’acquittent de tâches modestes. Les députés jouissent d’une grande popularité, mais elle ne se traduit pas par du respect. Dès lors qu’il s’agit de questions politiques sérieuses, les électeurs ont bien souvent tendance à dédaigner leurs dirigeants pour leur préférer des personnalités et des mouvements éphémères. Bertie Ahern [Premier ministre de 1997 à mai 2008], le leader de parti le plus brillant depuis Eamon de Valera [l’un des pères de l’indépendance de l’Irlande], a perdu deux référendums, l’un sur l’Europe [en 2001], l’autre sur l’avortement [en 2002]. Ce n’est pas par hasard si, dans les deux référendums manqués des dix dernières années, presque tout l’establishment politique était dans le camp des perdants. Manifestement, les électeurs se méfient des propositions, quelles qu’elles soient, lorsqu’elles ont l’appui de presque tous les partis politiques et des institutions les mieux placées pour être bien informées sur la question.

Ce scepticisme de l’électorat envers l’establishment est louable à certains égards, mais il peut avoir des effets pervers. Si les électeurs refusent de faire confiance à ceux qui connaissent les dossiers et qu’ils se fient à des gens qui bien souvent ne savent pas de quoi ils parlent, ils courent inévitablement à la catastrophe.

Les électeurs Irlandais ont rejeté le traité. Ce n’est pas la fin du monde, mais cela aura des conséquences à long terme, dont on voit mal comment elles pourraient être positives. Une Union européenne en panne n’est pas dans l’intérêt de l’Irlande, et la situation sera encore plus critique si les autres Etats – ou un petit groupe d’entre eux – estimaient qu’ils n’avaient pas d’autre solution que de fonctionner en dehors des structures actuelles sur des questions importantes concernant l’ensemble des pays de l’Union.

Les responsables politiques Irlandais vont devoir se poser de sérieuses questions, alors même que, sur les grandes orientations des pouvoirs publics, une forte proportion des électeurs ne font apparemment pas confiance à ceux qui les gouvernent.

 

Rapport 2004 au Parlement sur l’emploi de la langue française

Tuesday, June 17th, 2008

Les Carhaisiens toujours aussi déterminés

Sunday, June 15th, 2008
Ouest France
Bretagne
dimanche 15 juin 2008

Après la catapulte le samedi précédent, les Carhaisiens avaient apporté cette fois-ci rien moins qu’un canon, qu’ils ont pointé sur la préfecture au son du « Bro gozh ma zadoù » et qu’ils ont armé de pétards. Cette fois-ci, un véhicule était prévu pour escamoter l’artillerie en cas de charge des gardes mobiles. Alors que la catapulte saisie par les forces de l’ordre n’a toujours pas été rendue.

Une plaque sur le canon rappelle qu’il a servi en 1990 au baptême de la caserne de La Tour-d’Auvergne, à Châteaulin.

Un petit millier de manifestants dans les rues de Quimper. Sans débordements. Les défenseurs de l’hôpital cherchent à élargir leur mouvement.

Les manifestations des Carhaisiens se suivent et ne se ressemblent pas dans le centre-ville de Quimper. Les organisateurs de celles de samedi avaient misé sur la retenue. Pas de heurt frontal avec les gendarmes mobiles postés sur la rive de la préfecture, pas de fusée de détresse si ce n’est en fin de manif la tentative d’un groupe vite contenu par le service d’ordre.

À la différence du samedi précédent, c’est le nombre qui disait la détermination : 400 à 500 manifestants hier matin, qui sont restés danser autour d’un feu de pneus au pied de la cathédrale, un petit millier l’après-midi quand les forces de l’ordre ont enfin laissé un cortège se former pour faire le tour de la ville. Étape devant la mairie d’où sortait un mariage. Comme le samedi précédent, Christian Troadec y est allé de sa bise à la mariée.

C’est ce même maire de Carhaix qui avait harangué les manifestants le matin, dénonçant les délais chichement concédés par l’administration : « Deux mois pour faire un projet alternatif, ça veut dire Au travail les Bretons tout l’été, alors que l’administration est en vacances. C’est le message du mépris, un os à ronger pour l’été. C’est non ! »
Christian Troadec s’emporte contre cette administration « qui dit couchez-vous »: « Nous nous sommes toujours debout car la Bretagne reste debout ! »

La dimension bretonne, elle est évidente dans ce défilé où l’on entend parler breton, dont la marche est rythmée par les bombardes du Poher et la cornemuse de Georges Cadoudal, où on brandit même des pancartes des Bonnets rouges. Dans la stratégie aussi : « C’est le début d’un nouveau mouvement qui doit naître en Bretagne », affirme Christian Troadec après avoir appelé toutes les organisations finistériennes à se joindre la semaine prochaine.

Parmi les manifestants hier, il y avait des Quimpérois. Pour beaucoup originaires du Centre-Bretagne, comme Rozenn : « Cela m’énerve d’entendre des Quimpérois dire que Carhaix est seulement à vingt minutes. Qu’ils aillent regarder sur internet ! Si mon père est encore en vie, c’est parce qu’il y avait un hôpital à Carhaix. »

Mais quand les manifestants allument un feu de pneus au pied de leur cathédrale, enfin rafraîchie, voilà les Quimpérois partagés entre la sympathie pour la cause des Carhaisiens et l’agacement grandissant des manifs à répétition. C’est toute la difficulté pour les Carhaisiens de montrer leur colère tout en élargissant la base de leur mouvement.

Avant une nouvelle manifestation à Quimper samedi prochain, la manifestation rennaise dira vendredi s’ils réussissent à agréger d’autres Bretons.

Even VALLERIE.

Photos Thierry CREUX.