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l'éolien chez nousDepuis deux années les industriels et les sociétés impliqués dans l'énergie sentaient un décollage des projets éoliens en France. 10 Ans de retard par rapport à nos voisins espagnols, 20 ans par rapport à nos voisins allemand et danois, commençaient à être pardonnés à notre politique énergétique. Le récent vote de l'amendement à la loi d'orientation sur l'énergie a mis fin aux espoirs d'un début de réflexion sur la manière de produire l'électricité en France. L'éolien est une porte d'entrée idéale pour une plus forte implication des citoyens dans le monde énergétique: une technique compréhensible par son aspect visuel, décentralisable à souhait, abordable financièrement par ses coûts complètement connus d'avance, créatrice d'emplois locaux et bien sûr écologique. Les parcs d'éoliennes de taille modeste permettent une facilité de participation. Des communes commençaient à avoir des projets bien avancés pour installer 2 ou 4 éoliennes. Des agriculteurs voyaient dans l'installation d'une éolienne une ouverture vers une autre utilisation de la terre. Des études se faisaient pour des installations près des autoroutes et airs de service, dans des zones industrielles. Si les sénateurs confirment l'amendement, ces projets modestes deviendront impossible, et l'éolien sera réservé aux grands groupes d'investisseurs. Le consommateur d'électricité ne se sentira toujours pas impliqué dans une sensibilisation à l'utilisation de l'énergie. Dans nos régions, on trouve de la place pour des parcs de taille modeste, mais par l'aspect dispersé de l'habitat il n'y a pas de possibilité d'installer de grands parcs. Ainsi la Bretagne sera privée de la possibilité de produire des kilowatts par éoliennes. Ailleurs l'acceptation de cette énergie ne sera pas facilitée, ni mieux acceptée; des grands parcs seront forcément étalés sur plusieurs communes. Pour installer des parcs offshore, ou les opposants devront aller chercher leurs arguments vraiment loin, les industriels ont encore besoin d'au moins 10 années d'expérience. D'ici-là, nous aurons doublé notre retard.
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