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Les essais nucléaires de Mururoa

Le tribunal des pensions militaires de Brest a décidé aujourd'hui d'octroyer une pension d'invalidité à un ancien officier victime d'un cancer de la tyroïde après avoir participé à des essais nucléaires à Mururoa en 1966.

Michel Cariou, âgé de 67 ans, a participé en Polynésie française à six campagnes d'essais de 1966 à 1972, soit 31 tirs. Il contestait devant le tribunal le refus par le ministère de la Défense de lui accorder une pension d'invalidité au titre de ce cancer.

C'est l'une des premières fois que la justice indemnise un militaire qui impute sa maladie à sa participation à des essais nucléaires. Lors de l'audience du 21 février, la commissaire du gouvernement avait conclu au rejet de la requête "faute de preuves".

Pour rappel, le 7 juin, le tribunal de Tours avait déjà octroyé une pension d'invalidité à vie à un ancien militaire atteint d'une maladie liée, selon lui, à sa participation à des tirs nucléaires dans le Sahara.

Selon le ministère de la Défense, avant le jugement de Tours cinq militaires ayant participé à des essais nucléaires ont déjà obtenu une indemnisation par voie de justice.

L'ancien militaire français a déclaré que « ce n'est pas une question d'argent, je veux que l'on reconnaisse que j'ai été un bon citoyen, j'ai donné ma santé pour mon pays ».

Ingénieur en radioprotection, Michel Cariou a assisté à 31 tirs dans le Pacifique entre 1966 et 1972. Il a découvert sa maladie il y a 10 ans et se bat au sein de l'association des Vétérans du Nucléaire (AVEN) qui compte actuellement environ 200 dossiers examinés par la justice. Parallèlement, une information judiciaire contre X pour "homicide involontaire" a été ouverte en 2004 pour enquêter sur les conséquences des essais nucléaires.