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Université bloquée, déclin français, essai...

De Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
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Chers Amis,

Je suis, à partir d'aujourd'hui, en chômage forcé. L'université de Perpignan est fermée sur la décision d'un président d'université (de gauche ! un de plus) trop heureux de participer à la cacophonie nationale orchestrée par des syndicats qui jouent avec la jeunesse de ce pays. Cette dernière est d'autant plus facile à manipuler qu'elle est le fruit d'un système éducatif plus tourné vers l'endoctrinement et le lavage de cerveau que l'instruction élémentaire et l'acquisition des compétences et des qualifications qui font tant défaut à nos entreprises.

Tout allait pourtant bien. Je n'en revenais pas moi-même. Les étudiants en leur grande majorité suivaient consciencieusement les cours. Certains meneurs ont bien tenté de perturber mes cours mais mes étudiants ne l'ont pas permis. Pendant les vacances, les master pro fonctionnèrent car les étudiants doivent partir en stage à la fin du mois de mars après avoir passés leurs examens de second semestre. C'est dire si nous entrions dans une période cruciale pour eux (et moi en tant que directeur de master).

Nos apprentis révolutionnaires (une fois rentrés de vacances) ne pouvaient tolérer cela. Alors ils recommencèrent leur cirque infernal en réunissant une assemblée générale sauvage qui décrêta le blocage de l'université. Les militants - qui passent plus de temps à tracter à longueur de journée sur le campus qu'à suivre des cours ou fréquenter les bibliothèques (je me demande toujours en les voyant si les parents en sont conscients mais c'est pas grave, c'est le contribuable qui paie leurs études) - se sont alors sentis investis d'un pouvoir surnaturel. Ils étaient intouchables. Ils ont investi les salles. Je viens de me rendre sur les lieux et je suis encore sous le choc (et pourtant, j'ai survécu à un tsunami mais c'est la nature qui a causé les dégâts). Pourquoi les média ne dénoncent-ils pas les violences, intimidations et dégradations qui sont systématiquement mises en oeuvre par l'unef et ses sbires ?

Craignant des débordements, le président de l'université a pris la décision de fermer l'université jusqu'à lundi. Au lieu de faire respecter la loi (qui n'est pas la loi des syndicats), au lieu de garantir nos droits (qui ne sont pas les droits votés en AG), les institutions s'inclinent en se mêlant de politique.

Depuis dix ans, j'assiste à ce rituel usant dans un pays usé : l'année universitaire (qui dure quelques semaines de cours réels) est rythmée par les vacances, les grèves et les blocages au point que, d'année en année, je ne parviens plus à boucler mes programmes. Alors, on allège les programmes. C'est d'ailleurs devenu une recommandation si l'on veut offrir le diplôme de master à 80 % d'une classe d'âge dont une partie ne maîtrise pas les savoirs fondamentaux.

Les étudiants grévistes - qui sont loin d'être représentatifs mais qui intimident les institutions et font le bonheur des médias à la recherche de sensations - sont de véritables intermittents du spectacle. Ils ne sont pas conscients qu'ils participent à générer la précarité qui les attend demain.

Cela me donne le temps de travailler à la maison sur mes essais en cours. Mais je ne suis pas non plus optimiste de ce côté là. Cela fait bientôt 7 ans que je soumets ma prose et mes analyses aux éditeurs parisiens qui me répondent que mon texte est loin de l'actualité (!). Et puis maintenant, une pluie d'ouvrage sur le thème du "déclin français" s'abat sur le pays. On va alors me reprocher de courir après la mode. Pourtant, la situation des universités n'est qu'un symptôme de plus qui révèle l'ampleur de l'échec de notre troisième voie, qui nous éloigne de l'Europe, et du reste du monde.

Mais les éditeurs boudent ce type d'analyse comme les journalistes se refusent à voir, reporter et commenter les violences perpétrées par les meneurs de l'UNEF sur les étudiants (majoritaires) qui désirent travailler et suivre les cours.

Le pays a grandement besoin d'une réelle alternative, pas d'une alternance de plus orientée à gauche qui nous enfonce dans le collectivisme et l'irresponsabilité sur fond d'effondrement économique.

Respectueusement,

JL Caccomo,

Directeur du master pro "Economie & Management" - Universitaire en otage