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SoubieRaymond Soubie dirige l'un des principaux cabinets de « Ressources humaines », coté au second marché, Altédia. Très peu connu du grand public, Raymond Soubie, peu après sa sortie de l'ENA, devint le conseiller social de Jacques Chirac, puis celui de Raymond Barre. Directeur général du groupe de presse professionnelle Liaisons sociales en 1984, nommé à la présidence de l'Opéra de Paris, il entre en 1991 à l'Observatoire des retraites. En 1993, il siège à la « Commission d'évaluation de la situation sociale, économique et financière de la France 4», mise en place par Édouard Balladur.
Paul Turbier
Monsieur Soubie est un expert en relations sociales. Lunettes d'intellectuel, physique avantageux de beau sexagénaire, il répond avec aisance et un vrai sens de l'esquive aux questions d'une journaliste du Figaro. Il doit avoir quelques bonnes relations, sans lesquelles personne n'a jamais les honneurs d'un quart de page bien placé dans le journal. Mais que dit-il ? il dit que l'affaire du CPE risque d'être longue. Il se pourrait en effet qu'on en parle encore longtemps, pendant un an par exemple. Ce qui m'intrigue dans son propos est la nature des quelques pré-supposés qui sous-tendent son raisonnement. La fin du conflit qu'il voit dans le retrait du CPE en est un. Il est vrai que l'opposition anti-CPE en fait un préalable mais on ne peut oublier comme le fait M. Soubie que la barre vient d'être montée et qu'on exige en sus, la démission du gouvernement. On voudrait bloquer la machine qu'on n'aurait pas trouvé mieux comme sabot de freinage. Un éventuel retrait du CPE n'interrompra pas le conflit, il en changera la nature tant que l'objectif final ne sera pas atteint. Or, cet objectif final qui se devine n'est pas exprimé ; les cartes ne sont pas sur table. L'ampleur du mouvement des jeunes en est un autre. Les apparences sont trompeuses et l'analyse froide des chiffres montre que le mouvement, très bruyant, n'est pas et de loin, majoritaire. Les étudiants et les Lycéens n'ont pas tous des échéances d'examen lourdes. Certains n'en ont même aucune et sont par conséquent parfaitement disponibles. Beaucoup ne sont pas Anti-CPE ( ni pro, d'ailleurs) et ceux qui manifestent sont manipulés. Leurs manipulateurs ne sont pas loin mais l'expert ne les voit pas. Personne ne semble noter que les grandes écoles d'ingénieur travaillent et qu'aucune n'est bloquée. La concertation en est une autre par laquelle je terminerai sans pour autant clore la liste. Pour réussir une réforme par la concertation, il faut que la volonté de réformer soit partagée et que la concertation porte sur les moyens puisque la fin est, par définition, un objectif commun. Il n'apparait nullement que la volonté de réforme soit présente dans l'opposition syndicale, ce serait plutöt l'envie de révolution. Restons dans le statu-quo anté est l'essentiel de la revendication du jour et s'il fallait changer quoi que ce soit, ce serait plus tôt dans le sens inverse du projet. M. Hollande et Krivine, pour des motifs différents sur le fond, verraient bien une loi qui obligerait les entreprises à embaucher tout les chômeurs et et leur interdirait de jamais débaucher personne. Arlette et Marie-Georges en rêvent, démagogie et utopie obligent, car c'est ainsi que le travail était organisé en URSS.
Paul Turbier |