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Sommes-nous toujours indépendantistes ?

Maputo, le 17 mai 2006
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Claude Guillemain

Demat d'an holl,

Je pense que l'indépendantisme fait partie d'une époque révolue et n'est pas une réponse adaptée à notre temps.

La Bretagne est-elle en péril, les Bretons sont-ils martyrisés? Non. Je précise bien ici pour qu'il n' y ait pas de malentendus, que lorsque la communauté bretonne a été mise en péril, comme ce fut le cas dans les années 1905-1960, mise en péril par les jacobins de toute sorte, centralisateurs laïcards, gauchistes trompeurs, mise en péril vital d'extinction par émigration massive, disparition progressive de la langue et de la religion (eh oui, cela va ensemble...), pauvreté et soumission économique, il se trouvait toujours un homme légalement (ou illégalement) armé pour se défendre et défendre le peuple breton.

Mais aujourd'hui?

Je pense que l'ancien monde breton doit disparaître, mais cela ne signifie pas qu'il faille le faire disparaître à la manière d'un dessein machiavélique, politique à la façon des dictateurs rouges et noirs, mais que le plus souvent cela devra se passer d'une manière progressive et plus ou moins rapide entre deux états de la société : étatique, encadrée, jacobine, socialisante d'une part et fédéraliste et libérale d'autre part, et que cela se fera "naturellement" (je veux dire pas toujours sans conscience objective des Bretons eux-mêmes).

On ne peut plus en Bretagne être pleinement à la fois collectiviste et libéral, préhistorique et industriel etc... L'interphase (dans laquelle nous sommes) est particulièrement douloureuse et destructrice, car l'ancienne forme est moribonde et la nouvelle pas encore née.

Ainsi j'en reviens à ce que je disais naguère du libéralisme perçu sous sa forme violente et extérieure, "barbare" (compétition), et non intériorisée (réalisation de soi) et confirme mon choix d'un libéralisme "maîtrisé" par le peuple.

On voit aujourd'hui que toute la problématique tourne autour des socialo-communistes-gauchistes, qui, furieux de voir que leurs thèses ne marchent pas, en viennent à discréditer à chaque occasion le capitalo-libéralisme (du moins sa conscience) en essayant d'en faire une sorte de bouc émissaire des crimes passés et présents.

Ce qu'il n'est pas.

Pourquoi les mêmes ne disent t-ils rien des peuples soviétisés, réduits par la force... La liste serait bien longue. Notre société est pleine de prédateurs, dissimulés j'entends bien, et un fonctionnaire de l'état, douillettement installé dans sa bulle dorée, est une sorte de prédateur protéiforme. Ne trouverait-on pas sociologiquement un lien entre toutes les formes de prédations plus ou moins légitimes et mal fondées des fonctionnaires ?

Et je fais encore la part des choses, pour finir, entre l'acte de défense d'un peuple qui défend sa vie, ses familles, ses tribus et son casse-croûte et l'organisation étatique qui planifie la prédation de masse suivant un plan rationnel, à moteur idéologique, et suivant ses stricts intérêts. Ce dernier cas est contraire au fédéralisme et au libéralisme et tout ce qui ressemble à cela n'est pas de notre monde.

Les colons modernes, ce sont les fonctionnaires, prédateurs de notre liberté, liberté qui nous fait toujours défaut et pour longtemps encore, ici même.

On ne refait pas l'histoire. Je rends hommage à tous les membres de nos tribus, de ma famille, qui ont trouvé dans la fonction publique française le travail qui manquait alors au pays, j'admire leur engagement au service de l'état français, je respecte la fonction publique française, je ne vilipende pas mes grands parents, oncles, tantes, cousins d'avoir été cherché fortune (?) à Paris, à la RATP ou à la SNCF, mais quelle Bretagne ont-ils fait ? Une Bretagne soumise aux fonctionnaires.

La Bretagne d'aujourd'hui, dont font partie des vieux, des jeunes, des chefs d'entreprises, des salariés, des chômeurs, des immigrés et bien d'autres encore, a besoin de liberté, de libéralisme et de fédéralisme.

C'est là qu'elle trouvera son inter-indépendance, c'est à dire son équilibre au sein de l'Europe.

Claude Guillemain

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