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Rennes 2 dit non sans ambiguïté au blocage

Ouest France
Actualité Ille-et-Vilaine
Édition du mardi 13 novembre 2007
61 % de votants ont refusé le blocage de Rennes : « Un véritable camouflet pour les bloqueurs », selon Jean-Emile Gombert, premier vice-président

C'est à 21 h que le verdict des urnes est tombé. Les étudiants ont voté à 62 % contre le blocage après un vote à bulletin secret. Mais qu'en sera-t-il aujourd'hui sur le terrain ?

« Pour nous, ça ne change rien. Ce vote à bulletins secrets n'est pas légitime et pour nous n'a aucune valeur. On continuera mardi matin le blocage de l'université et on maintiendra les piquets de grève de force si besoin. » Il est un peu plus de 21 h hier devant le pôle langues de Rennes 2. Un militant de Sud commente, à chaud, le résultat du vote à bulletins secrets qui vient de tomber. 3 280 étudiants, sur 17 000 inscrits, se sont prononcés sur le maintien ou pas du blocage.

Résultats comptabilisés et recomptabilisés : 62 % ont dit non au blocage et 37 ont dit oui. Une large victoire des anti-bloqueurs mais pas question d'euphorie, comme le résume une étudiante.

« Malheureusement, ça ne va rien changer. Les bloqueurs se sont opposés à ce vote secret et n'en tiendront pas compte. Ils disent déjà qu'il est truqué. Ça va finir en affrontement et à la fermeture administrative de la fac. »

Ce mardi matin, tout le monde craint effectivement des heurts. D'un côté les bloqueurs qui refusent le vote et donc de lever le camp, de l'autre ceux qui veulent étudier et qui s'appuient dessus pour réinvestir les salles de cours. Dialogue impossible mais les poings risquent de parler.

« De toute façon, on ne peut pas discuter avec les bloqueurs », s'insurge une étudiante en histoire. « Quand ça les arrange, leurs assemblées générales à main levée sont légitimes. Quand ça ne les arrange pas, c'est illégitime. Si ce soir, c'était le oui au blocage qui avait gagné, ils s'en seraient servis pour conforter leur action et lui auraient trouvé toutes les vertus. Nous, on suit des règles démocratiques, eux se servent d'une pseudo-démocratie. »

« Camouflet pour les bloqueurs »

Peu après le vote, le conseil d'administration de l'université s'est réuni pour décider des mesures à prendre et assurer la reprise des cours. « Je peux prendre des décisions mais la question est de savoir si elles seront suivies des faits », explique Marc Gontard, président de l'université de Rennes 2, satisfait du vote.

Et personne ne croit à la bonne volonté des autonomes. « J'ai les mains liées et je n'ai pas une force armée à ma disposition. » Faire intervenir les forces de l'ordre ? « Seulement si des atteintes aux personnes ou aux biens sont constatées. » Fermeture administrative ? « Une mesure difficile à mettre en oeuvre. » Le dialogue ? Quel dialogue quand la coordination nationale, dimanche, a réfuté d'avance le vote à bulletins secrets et toutes décisions à part les siennes.

« Ce vote est un véritable camouflet pour les bloqueurs et la coordination, souligne Jean-Emile Gombert, premier vice-président. Un non à la grève dans l'université qui a accueilli la coordination et qui devait servir de fer de lance au mouvement. Ils sont maîtres de leurs mots d'ordre, ils ne sont pas maîtres de leurs moyens d'action. » Reste maintenant à savoir ce qui va se passer ce matin et ça fait peur.

Samuel NOHRA.

Illégitimité. Dans un communiqué, l'Association générale des étudiants de Bretagne (Ageb), se félicite des résultats obtenus « Ce vote prouve l'illégalité et l'illégitimité des blocages qui nous empêchaient d'étudier. Nous souhaitons que tous les syndicats et organisations étudiantes respectent la démocratie et donc respectent le résultat du vote. Nous demandons à chacun de prendre ses responsabilités, et au président, Marc Gontard, de veiller à faire respecter les résultats de ce vote dès ce matin en rouvrant l'université aux étudiants pour pouvoir étudier en toute tranquillité. »