|
|
|
|
Premier tour : des raisons d'espérer
On m’a souvent reproché mon pessimisme et la tonalité parfois décourageante de mes chroniques. Dans ma précédente chronique, j’observai les dégâts opérés par la génération 68. Bien-sûr, je suis un être qui doute et je me pose aussi la question : étais-je moi-même désespéré ou était-ce la situation objective du pays qui était désespérante ? Alors permettez-moi d’exprimer ici une grande satisfaction même si rien n’est jamais gagné, surtout en matière d’exigence libérale. Mais une page se tourne sous nos yeux : la génération 68 s’en va et ses derniers porte-paroles sont renvoyés sans ambigüité par le peuple de France. Il était temps ! Etant nommé assesseur, j'ai participé au dépouillement au bureau de vote de ma commune dont le maire communiste n’a pas hésité à afficher publiquement son soutien à la candidate communiste Me Buffet. Au début de la soirée, j’étais comme un intrus perdu en territoire hostile. Puis une sorte d'intronisation larvée a opéré au fur et à mesure du dépouillement, c'est l'équipe en place qui s'est trouvée gênée. D'autant que le public était venu surveiller les opérations, se montrant plutôt suspicieux vis-à-vis de l'équipe municipale en place, corrigeant le moindre écart et surveillant la moindre faute. A l’annonce des résultats de notre bureau de vote, le maire et ses adjoints étaient figés dans un silence glacé. Sarkozy faisait mieux qu’au niveau national, se démarquant nettement des autres candidats avec un taux de participation proche de 90 % ; Le Pen dépassait Bayrou ; Buffet ne parvenait pas à décoller ; et les antilibéraux récoltaient zéro bulletin. Voir cette équipe se décomposer à mesure qu'ils prenaient conscience de l'effondrement de la gauche fut une source de bonheur intense comme on n’en connait rarement dans la vie. Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont fustigé le libéralisme, avec une complicité plus ou moins avouée des médias locaux, étaient renvoyés aux oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Je tire à chaud trois grandes leçons de ce premier tour :
Le peuple français m’a fait plaisir. Ainsi, les français tournent le dos à l’impasse et revendiquent une espérance. Il appartient aux libéraux de se détacher des calculs politiciens. Ils ne doivent plus être tentés par un anti-sarkozysme qui était devenu primaire et indigne du débat politique. Les français attendent des réformes et ils ont exprimé leur ras-le-bol du tout social, du socialisme, de l'assistanat et du politiquement correct. Une nouvelle dynamique est enclenchée à laquelle toutes les forces réformatrices d’inspiration libérale doivent s’associer. Jean-Louis Caccomo, Perpignan, le 24 avril 2007 http://caccomo. blogspot. com/ PS : A partir de ce jour, mes chroniques de résistance deviennent des chroniques d'espérance |