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L'OUVERTURE, UNE INITIATIVE DEPLORABLEpar Gabriel Lévy
18 mars 2008. En mai 2007, les Français ont donné largement leur préférence à l’actuel président de la République. Jamais un programme présidentiel n’aura été autant détaillé afin d’aboutir à une expression sans ambiguïté de nos concitoyens, ce qui n’avait pas été le cas en 2002. Aucun doute, les Français ont adhéré à un programme qui n’était pas socialiste, et quelques jours plus tard, ils ont élu une majorité de députés qui n’étaient pas socialistes. Aucune amphibologie ! Or, l’encre du contrat, ainsi signé avec le peuple, n’était pas sèche (les députés n’étaient pas encore élus), que le premier gouvernement constitué comportait les adversaires de la veille, ce qui nous inspirait le titre prémonitoire : « l’ouverture, attention aux courants d’air » (1). Alors que la « rupture » nous était promise, les proches, les amis du président, soit autant de personnalités parfaitement compétentes, recevaient « l’ouverture » comme un soufflet. Leurs adversaires étaient-ils sur le chemin de Damas ? Non, aucun d’entre eux n’était sincèrement convaincu de la nécessité des réformes (ne l’auraient-ils pas admise, au moins du bout des lèvres, lors de la campagne présidentielle ?). Cette ouverture a-t-elle entamé le capital électoral de leur parti d’origine ? Non, au contraire, leur parti vient d’engranger des succès. Pire, l’immoralité politique s’est trouvée légitimée en même temps que l’opportunisme, car l’ouverture a levé des inhibitions morales, et les « courants d’air » ont amené des retournements, des pseudo-conversions, des reniements mendiés… jusqu’à la dérision (M. Bayrou et le MODEM). La boîte de Pandore ! Piètre image de la démocratie, car l’immoralité est égale pour celui qui corrompt et pour celui qui se laisse corrompre. Les polémistes emploient indifféremment les mots « de vendu » et « d’acheté » pour définir ces transactions. Une autre ambiguïté doit être levée. Le président de la république n’est pas le président de tous les Français, comme il le prétend. A la rigueur, M. Chirac avec 82 % des suffrages pouvait y prétendre et nous connaissons l’inertie qui s’en est suivie. Le président symbolise évidemment tous les Français, mais, dans les faits, il est élu pour exécuter le programme qu’il leur a proposé. C’est à cette tâche qu’il doit se consacrer. Ceci ne signifie ni une application brutale de ce programme, ni l’absence de discussion avec une opposition parfois constructive. Les Français viennent de confirmer leur attachement aux réformes promises en mai 2007, par leur soutien au premier ministre et à la quasi-totalité de ses ministres. Toutefois, si l’on juge l’ouverture utile, en raison de l’ampleur de la tâche et de ses difficultés pour la réaliser, il faut l’obtenir, comme en Allemagne, par un consensus entre les deux partis, et non en débauchant Bernard ou Jack. Pour l’heure, souhaitons en rester là, en affichant : « FERMETURE PENDANT LA DUREE DES TRAVAUX ». 1-www.aubagnesurlecours.com « L’ouverture, attention aux courants d’air » 12 mai 2007, « Comprenne qui pourra », « Mais, votez donc socialiste ! », « Qui veut gagner des missions ? ». |