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LA MEMOIRE HISTORIQUE GLOBALE (suite)

COMMUNIQUE DE BREIZH 2004

Trégastel, le 11 mai 2006
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L'habitude de dramatiser et de parler "politique" ne nous épargne pas.

Alors que l'on célébrait hier, pour la première fois l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, certains en Bretagne déclaraient que pour avoir pratiqué l'esclavage et déclaré, par la loi dite Taubira du 23 mai 2001, que c'est un crime contre l'humanité, la France devait s'interdire définitivement de s'autoproclamer la « patrie des Droits de l'Homme ».

Le problème est qu'il est impossible de différencier la France et son passé colonial de notre propre passé de Bretons colonisateurs, Bretons eux aussi négociants d'esclaves, soldats de l'empire, puis, plus tard, gouverneurs ou colons en Afrique, marins de la Royale, soldats en Algérie etc.

A nos yeux, ces facteurs primordiaux que sont la Bretagne et son peuple, ne constituent pas une sorte de passeport pour l'innocence historique.

En laissant à la France la haine et le malheur, nous risquons d'attiser la haine de la France, de l'Occident, avec sa tradition judéo-chrétienne, la haine de la république, cette dernière étant " la version française de l'Europe?

Ce souvenir douloureux de la colonisation et de l'esclavage serait-il une question non pas d'histoire et de " mémoire ", mais une question " idéologique "?

Nous commémorons, avec le monde entier l'abolition de l'esclavage et de la traite des Noirs, mais nous n'acceptons pas la définition d'une «histoire officielle» et donc partiale. Nous reprochons à la loi du 23 mai 2001 d'imposer une définition tronquée de l'histoire en la réduisant aux crimes commis par des Européens. Le législateur reste en effet muet sur la traite à destination du monde arabo-musulman et la traite interafricaine.

Nous demandons au Président Jacques Chirac de saisir le Conseil constitutionnel aux fins d'abroger l'article 2 de la «loi Taubira» du 23 mai 2001.

Cette disposition prévoit que les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite des Noirs et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. Or c'est précisément cette intervention du législateur dans le domaine des historiens que Jacques Chirac avait condamnée en abrogeant l'article 4 de la loi sur les rapatriés, qui prévoyait que les manuels scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la colonisation. Nous demandons donc aujourd'hui une égalité de traitement entre ces différentes lois. Puisque ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire, il faut appliquer cette règle quel que soit le sujet.

Nous demandons également à nouveau que la mémoire de nos morts soit honorée et demandons à nouveau que soit accordés aux marins de la flotte française, tombés à Mers El Kébir en 1940 sous les coups de la marine anglaise, la même gloire et le même souvenir que l'on accorde à tous les morts et que leurs restes soient rapatriés en Bretagne où ils trouveront une sépulture digne d'eux.

Pour Breizh 2004 Mouvement Fédéraliste Breton et Européen Le Président Claude Guillemain