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Lucidité nécessaire

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Paul Turbier

Les élections italiennes nous montrent une situation que nous pourrions bien connaître sous peu. La gauche va aux élections en achetant, sans vergogne, les voix de sa frange extrème et provoque la remontée du communisme.

Or, un élément important du communisme populaire de base est sa composante nationaliste qui permet aux leaders de se poser en patriotes (qu'ils ne sont pas).

Ce qu'on peut en retenir en se remémorant les résultats du référendum européen est que la fibre nationale est encore porteuse et qu'il est maladroit voire suicidaire pour la droite de la mépriser.

Le scénario italien est possible en France où tout ce qui est laïciste et redistributif est déjà de gauche et sur ces deux critères, nettement majoritaire. Il n'est que de consulter le baromètre du Figaro Magazine pour voir que les personalités de gauche ont des cotes de popularité que n'atteignent peu d'hommes de droite même si ces hommes dits de droite ont des inclinations à et des comportements de gauche ( Chirac par exemple). A gauche, madame Voynet, dixième dans son camp, est crédité de 26% d'opinions favorables alors que Thierry Breton, également dixième dans le sien n'en recueille que 17 %.. Arlette (14éme) est à 23 tandis que Fillon(14éme) n'en est qu'a 14. On retrouve en tête les mêmes décalages avec 48 pour Sarkozy contre 53 pour Ségolène.

La seule chance pour la droite de s'en sortir serait de s'appuyer sur un projet économique chiffré et sur le rejet du désordre largement majoritaire et de réaliser une union sacrée entre la droite radicale (le Pen + de Villiers) et la droite libérale ( Madelin, Millon et les autres ). Aux uns la remise en ordre des banlieues, aux autres la gestion du porte-monnaie. Ce cartel des vraies droites pourra montrer au pays dans neuf mois les résultats calamiteux du conglomérat gauchiste italien pour espèrer s'en sortir malgré le vent du boulet. Dans cette perspective, la malencontreuse et mesquine intervention anti-LePen de Ph de Villiers est pour le moins regrettable. Il eut mieux valut au leader vendéen d'appliquer une devise souvent entendue : " pas d'ennemis à droite" que de s'égarer dans un conformisme bien-pensant qui sert la gauche et de se faire l'instigateur d'une union salvatrice.

Dernière remarque : vus sous l'angle de la communication, les données économiques gagneraient à être présentés en chiffre compréhensibles. Parler en milliards d'Euros à un smicard est proprement surréaliste. Il comprendrait mieux les chiffres s'ils étaient rapportés à une grandeur qu'il manipule bien, par exemple son salaire.

Pour conclure de façon lapidaire je dirais : portefeuille et sécurité sont les deux étages de la fusée France.

Paul Turbier