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« Faut-il avoir honte d'être français ? »

Article d'Eric Conan paru dans L'Express

http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/colonisation/dossier.asp?ida=451693

Eric Conan s'est illustré naguère dans la démolition systématique de tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un mouvement de liberté bretonne (malgré son patronyme qui ferait de lui un chef breton). Mise à part cette inquiétante fixation sur l'autonomie bretonne assimilée au nazisme, il serait bon que Conan (et vos lecteurs) réfléchisse(nt) aux dangers de mélanger nationalisme/colonialisme et libéralisme.

S’il est vrai que le nationalisme français, très friant de symboles et de slogans vengeurs, soutient la cause du colonialisme, considéré comme cause ultime du souverainisme français, alors ne vous étonnez pas que les nationalistes bretons soutiennent la thèse opposée. En cela, le nationalisme breton ressemble comme deux gouttes d’eau à son adversaire, le nationalisme français, tous deux instrumentalisant la notion de nation, dans des mesures diverses, au service de l’Etat.

L’ère du nationalisme breton semble proche de la fin. Celle du nationalisme français également. Tout cela laisse le champ libre à une ère fédéraliste, concomitante elle aussi avec l’atmosphère dominante en Europe. S’il est possible de comparer les mouvements nationalistes passés et le mouvement fédéraliste actuel, le destin de chacun d’entre eux est devenu fort différent : contrairement à ce qui se passe chez les nationalistes, où la dimension politique et temporelle de la Nation s’est fourvoyée soit avec le marxisme le plus rétrograde, soit avec le colonialisme le plus mercantile, le fédéralisme sort considérablement renforcé de cet affaiblissement, en prônant des idéaux modernes de libéralisme maîtrisé et de modernisme européen.

Claude Guillemain Breizh 2004 Mouvement fédéraliste breton et européen