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Alain Rousset pour le fédéralisme, Michèle Alliot-Marie s'y oppose

"Lorsqu'on observe tous les pays d'Europe qui réussissent, tous ces pays sont régionalisés"
Alain Rousset

C’est lors du congrès de l’Association des Régions de France (ARF) qu’un débat sur l’architecture institutionnelle de l’Etat français s’est tenu entre Alain Rousset, président de l’ARF, et la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot Marie. La discussion a commencé par le volet budgétaire, au moment où le président aquitain a fustigé les faibles moyens dont disposent les régions au regard de leurs responsabilités en matière de transport et de développement économique, thème du 3e congrès de l’ARF.

Dans son discours, en citant les exemples ibérique, allemand ou suisse, Alain Rousset a constaté que "lorsqu’on observe tous les pays d’Europe qui réussissent, tous ces pays sont régionalisés". Pour le président de l’Aquitaine, région qui gère un budget quatorze fois inférieur à celui du Pays Basque sud la Communauté Autonome d’Euskadi et la Navarre comprise, "il faut déjacobiniser impérativement la tête et les institutions de notre pays", un souhait auquel n’a pas adhéré la ministre de l’Intérieur.

"Pas dans notre identité"

Michèle Alliot-Marie a dit ne pas croire "qu’il faille passer d’un extrême à l’autre, d’un système jacobin et centralisé à un modèle fédéraliste qui n’est pas dans notre identité". L’élue luzienne a ajouté que "le rôle de l’Etat", est celui d’être le "garant du développement de chaque territoire" ainsi que "garant de l’équilibre global des finances publiques".

Et même si elle a jugé nécessaire de "clarifier l’architecture des responsabilités publiques" avant toute "nouvelle étape" de la décentralisation, Michèle Alliot-Marie a écarté l’idée de supprimer un échelon de collectivité entre les communes, les communautés de communes, les départements et les régions. "Il n’y a pas d’échelon en trop car chaque collectivité a son identité". En revanche, elle a suggéré "une réflexion sur la taille des régions". Et proposé que "les Régions volontaires puissent se regrouper, voire fusionner". Ce qui a surpris les présidents des conseils régionaux pour qui la puissance des communautés autonomes ou des régions fédérales telles que les Länder allemands ne dépend pas de leur taille. L’exemple, encore, le Pays Basque sud, "petit" de 17600 km2 face aux 41300 de l’Aquitaine.