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L'abominable preuve black-blanc-beurpar Philippe Randa
(Écrivain (www.philipperanda.COM), directeur de www.dualpha.COM)
Arrestation de l'un des jeunes
Qu’allait-elle faire dans ce bus-galère marseillais, pris pour cible par une poignée de sauvages urbains ! Pour certains, Mama Galledou aurait été naguère une « chance pour la France ». La France chiraquienne, elle, n’en a guère été une pour cette jeune Franco-sénégalaise de 26 ans, étudiante à la Faculté Aix-Marseille III à Saint-Jérôme. À ce jour, le « pronostic vital est toujours engagé ». On ne sait si on doit lui souhaiter, sincèrement, de reprendre conscience : « Soixante pour cent de (sa) surface corporelle est brûlée, profondément, même s’il est pour l’heure difficile de savoir si c’est très profondément ou relativement. Elle est placée sous assistance respiratoire et ventilation artificielle ainsi qu’en coma artificiel » avec des « risques infectieux, nutritionnels, hématologiques et respiratoires ». Le pronostic vital est toujours engagé et le Professeur Manelli a précisé qu'il « était difficile de connaître l'étendue des séquelles ». Une victime de plus de ces violences urbaines qui sont désormais le lot aussi quotidien que tragique de nos faits-divers. Des décennies durant, les mondes politique et médiatique nous les ont savamment dissimulées. En dehors d’hebdomadaires spécialisés, genre Détective ou Minute, l’un et l’autres bannis de la bonne société pour des raisons différentes, il n’était pas « citoyen » d’évoquer le délabrement de l’ordre dans nos banlieues, fleurons de cette immigration dont on nous vantait tellement les mérites… à venir ! Aujourd’hui, devenues les dépotoirs d’une tragique détresse humaine et d’une criminalité totalement incontrôlée, elles sont le cauchemar de ceux qui y vivent… et la peur de la contagion pour les autres, à défaut d’un quelconque remord ! Plus personne ne sait comment gérer la situation, d’autant que celle-ci sert bien évidemment d’enjeu électoral à un semestre d’une échéance qui déchaîne tant de passions. La dénonciation de cette lente pourriture a été le fond de commerce de Jean-Marie Le Pen. Envers et contre toute diabolisation de sa personne ou de son mouvement, ses mises en garde se sont révélées justes au fil des années. Nicolas Sarkozy ne s’y est pas trompé. L’actuel « Ministre-candidat de l’Intérieur à l’élection présidentielle » a allègrement sauté sur ce tremplin médiatique pour capter un électorat tant envié. Mais sa réputation de « technicien de surface à problèmes » fait long feu. Prêt à tout, Sarkozy n’a été propre à rien : sa politique est un échec, plus personne n’y croit et il se fait même doubler sur le sujet par une Ségolène Royal qui propose d’envoyer l’armée pour faire le travail qu’on a, petit à petit, dégoûté la police d’effectuer. À quand un projet de bombardement des zones à problèmes ? Il va bien se trouver un candidat à quelque prochaine élection pour le proposer. Si ça peut rapporter un ou deux points dans les sacro-saints sondages, qui va se gêner ? Si on évoque une intervention militaire, c’est donc que nous sommes en guerre, inutile de tourner autour du pot. Il ne s’agit plus de « rétablir l’ordre », mais de vaincre un ennemi qui nous menace. Cet ennemi est un peuple, celui des banlieues ! Ni africain, ni nord-africain et encore moins français ou européens. C’est le melting-potes tant voulu des apprentis sorciers de l’antiracisme obsessionnel. On distingue beaucoup de « blacks » et de « basanés » parmi eux, mais des «Gaulois » en font tout autant partis. Contrairement à ce que certains imaginent, cette guerre n’est pas raciale, encore moins religieuse, elle est tribale : bandes contre bandes à l’occasion, mais toutes unies contre les autres le reste du temps et leurs victimes sont tout autant multiraciales qu’elles le sont elles-mêmes. Mama Galledou ou est l’abominable preuve black-blanc, beur ! © Les chroniques de Philippe Randa sont libres de reproduction à la seule condition que soit indiquée son origine, c’est-à-dire le site www.philipperanda.com. Visitez le site www.philipperanda.com : chaque semaine, la tribune libre d’un invité… Tout savoir sur Peter et Philippe Randa (leurs entretiens, leurs livres…) Librairie - comptoir de vente éditeur Primatice diffusion-distribution ouvert au public du lundi au samedi de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 19h00 10 rue Primatice 75013 Paris Tél. 01 42 17 00 48 Fax 01 42 17 01 21 Mél. primatice@francephi.com La rue Primatice est juste derrière la Mairie du XIIIe Métro : Place d’Italie |