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Le vote catalan avive les tensions régionalistes

Les Catalans sont appelés à se prononcer ce dimanche sur le renforcement de l'autonomie de leur région grâce à un nouveau statut, avivant ainsi le débat, très sensible en Espagne, de la décentralisation.
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La réforme, qui devrait être largement approuvée selon les sondages, accordera à la région plus de contrôle sur les impôts sur le revenu mais ne changera pas fondamentalement la vie des Catalans.

Ce référendum a toutefois suscité des débats enflammés en Espagne et certains ont brandi le spectre de la guerre civile des années trente.

Si en coulisses les négociations ont surtout porté sur des questions fiscales, le débat public s'est centré sur un article, hautement symbolique, du nouveau statut qui permettrait à la Catalogne de se considérer comme une "nation" à part entière au sein du royaume.

Les opposants à cette réforme craignent qu'elle ne mène à la désintégration d'un pays partagé depuis toujours entre un fort centralisme et des identités régionales très marquées.

Les partisans du changement y voient une victoire, trois cents ans après le siège de Barcelone par une coalition franco-espagnole qui s'est soldé pour les Catalans par la confiscation de leur langue, de leurs droits et de leur culture.

L'opposition a quant à elle accusé le Premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero de brader l'avenir de l'Espagne en Catalogne et au Pays basque, où il a l'intention d'entamer des négociations avec les séparatistes de l'ETA.

Le Mondial de football est même devenu un enjeu dans ce débat: les rues de Barcelone sont restées calmes après la victoire écrasante de l'Espagne contre l'Ukraine alors que les cris de victoire envahissaient Madrid.

"J'espère que l'Espagne perdra. Nous devrions avoir notre propre équipe, comme l'Ecosse", a ainsi déclaré à Reuters Joan Puigcercos, secrétaire-général du parti indépendantiste "Esquerra Republicana" qui appelle à voter non lors du référendum, estimant que Madrid a édulcoré le texte.