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Le VLD plaide pour l'immersion linguistiquePierre Gilissen
Mis en ligne le 26/09/2005 © La Libre Belgique 2005 http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=241800 Le VLD enfonce un tabou: celui du multilinguisme dans l'enseignement flamand. Qu'à la suite de l'engouement suscité par l'immersion linguistique chez nous, la discussion s'amorce en Flandre également, pourrait paraître banal. Mais la question de l'usage des langues reste un sujet extrêmement délicat au Nord du pays, comme en témoigne la forme prise par l'initiative de 4 libéraux flamands: au plaidoyer pour un enseignement multilingue, ils ont d'emblée ajouté une profession de foi sur l'importance, à tous les niveaux de l'enseignement, de la connaissance du néerlandais. Histoire de bien prouver que ce n'est pas parce que l'on souhaite ouvrir les écoles et les universités flamandes au contexte international que l'on est un «mauvais Flamand». Fin de la parenthèse. L'initiative émane de Sven Gatz, Gilbert Van Baelen, Margriet Hermans et Marleen Vanderpoorten. Tous sont députés régionaux flamands. Marleen Vanderpoorten a en outre été ministre flamande de l'Enseignement de 1999 à 2004. Ils sont partis du constat que, dans les enquêtes de l'OCDE sur la qualité de l'enseignement, la Flandre, même si son classement reste fort honorable, se fait peu à peu rattraper par d'autres régions. A Turnhout, par exemple, selon Margriet Hermans, qui y a enseigné pendant dix ans, «les élèves ne sont plus jamais confrontés au français dans leur vie quotidienne». Or, si des expériences d'immersion à petite échelle (2 heures par semaine, par exemple) sont menées dans des écoles flamandes de la Région bruxelloise, ailleurs, la législation régionale ne laisse pratiquement aucune possibilité d'initiative. Le VLD propose de généraliser l'initiation à une deuxième langue dans les écoles maternelles, et de rendre possible l'enseignement multilingue dans le primaire. Dans ce dernier cas, les cours d'éducation physique, de musique, ou de travaux manuels pourraient offrir l'espace nécessaire à une initiation «ludique» à la langue étrangère. Dans le secondaire, certaines matières pourraient être enseignées dans une langue étrangère, à l'initiative des écoles. L'engagement de «native speakers» serait une condition sine qua non du système et le VLD voudrait mettre sur pied un protocole entre communautés pour faciliter l'échange d'enseignants. Car pour les libéraux, ce sont les langues des régions voisines qu'il faut viser: le français et l'allemand, en plus de l'incontournable anglais. Enfin, dans l'enseignement supérieur, si la situation est, d'un point de vue légal, moins verrouillée, la crainte subsiste encore chez beaucoup, selon les libéraux, de voir, de facto, s'instituer un enseignement en anglais. Or, il ne serait question que d'enseigner une partie d'une matière dans une langue autre, l'examen final se faisant, lui, toujours, en néerlandais. La balle est dans le camp de l'actuel ministre de l'Enseignement, Frank Vandenbroucke (SP.A). Il est nettement contre le principe de l'enseignement multilingue, principalement par peur de voir se créer des «écoles francophones déguisées» autour de Bruxelles. |