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Brest rend hommage aux disparus de Mers-El-KébirIl y a 65 ans, la Grande-Bretagne coulait la flotte française dans ce port d'Algérie.
"A l'instant même, je pardonne..." Pourtant, le souvenir "des camarades qui sont morts dans des conditions atroces -coincés dans les carlingues ou noyés dans le mazout-" reste vivace dans les mémoires". Léon Le Roux, 85 ans, ancien quartier-maître sur le croiseur Dunkerque, touché le 3 juillet 1940 par un obus anglais, ne peut cacher ses larmes après avoir serré la main de Nicholas Butler, l'attaché naval britannique en France. C'est la première fois qu'un officiel britannique participait à une telle cérémonie. "Pour marquer notre volonté de réconciliation", a tenu à souligner Nicholas Butler. Les Bretons durement touchés Quelques jours après la signature de l'armistice entre la France et l'Allemagne, la force britannique faisait feu sur la flotte française amarrée à Mers El-Kébir, entraînant la mort de quelque 1.300 soldats sur les 8.000 présents, dont une majorité de Bretons. L'attaque navale anglaise, baptisée opération "Catapult", devait provoquer la première querelle entre le chef de la France libre, le général Charles De Gaulle, et Winston Churchill qui avait craint que la flotte française ne soit utilisée par l'Allemagne. L'agression avait ensuite nourri la propagande nazie et pétainiste ainsi qu'une certaine anglophobie de la part des rescapés, moralement et physiquement très affectés. D'autant plus qu'un autre bombardement devait avoir lieu trois jours plus tard. "Quand j'ai vu les premières salves arriver, j'étais stupéfait. Jamais je n'avais pensé que les Anglais pourraient nous tirer dessus", a raconté Marcel Regnault, 84 ans, survivant du croiseur Strasbourg qui avait pu larguer les amarres pour Toulon quelques heures avant la grande attaque meurtrière. "Ca a été un très grand dommage. Winston Churchill a expliqué ensuite au Parlement que cette décision avait été prise avec le coeur gros (...), les circonstances à ce moment étaient très, très difficiles. C'était la guerre", a expliqué Nicholas Butler.URL: http://www.ouest.france3.fr/info/15305857-fr.php Opmerkingen | ||