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Des ménages de plus en plus petits

mardi 24 octobre 2006, 0h01

Imputable au vieillissement de la population et à la relative désaffection dont souffrent les modes "traditionnels" de cohabitation, la diminution de la taille des ménages est quasiment inéluctable au cours des années à venir, selon une étude de l'INSEE publiée mardi. PARIS (AP)

Sous l'hypothèse d'une évolution tendancielle de la natalité, de la mortalité, des migrations et des comportements de cohabitation, la hausse annuelle moyenne du nombre des ménages entre 2005 et 2030 pourrait être comprise entre 236.000 et 261.000, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques

Rapide au cours des premières années, cette croissance irait ensuite en s'atténuant et en 2030, le nombre moyen de personnes par ménage serait compris entre 2,04 et 2,08 contre 2,31 en 2005. Un recul qui n'a rien de nouveau, car en plus de vingt ans, ce nombre est passé de 2,88 à 1975 à 2,70 en 1982, 2,57 en 1990 et 2,40 en 1999.

Deux facteurs principaux expliquent cette baisse. Tout d'abord, l'évolution de la structure par âge de la population, car les ménages de personnes âgées, n'ayant plus d'enfants à charge, sont des ménages plus petits que la moyenne. Les générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1945 et 1965, arrivent désormais aux âges où les enfants quittent généralement le foyer familial.

L'autre grand facteur ayant un impact sur le nombre de personnes par ménage est l'érosion des modes traditionnels de cohabitation. Si en 1982, 83% des hommes de 35 ans vivaient en couple, ils ne sont plus que 71% en 2005, alors que du côté des femmes, les proportions correspondantes étaient de 85% et de 74%.

Corrélativement, au même âge, 11,3% des femmes sont à la tête d'une famille monoparentale et 8,7% vivent seules en 2005, contre respectivement 6,7% et 4,5% en 1982.

En l'espace de vingt ans, la vie de couple a perdu du terrain et un nombre croissant de personnes vivent seules, sauf aux âges élevés, où les gains d'espérance de vie ont pour conséquence de retarder le veuvage. Le phénomène touche en premier lieu les 25-50 ans. Les unions libres, plus fragiles en moyenne que les mariages, concernent de plus en plus de couples, et si les taux de divorce actuels devaient se maintenir, ce sont 43% des mariages qui se solderaient par un divorce contre 33% au début des années 1990.

Les jeunes semblent aussi moins attirés par la vie en couple. Quand ils quittent leurs parents, c'est plus fréquemment pour vivre seul (au moins de façon transitoire) qu'en couple.

Autre élément: l'indépendance économique des femmes qui, depuis 30 ans, ont rejoint massivement le monde du travail. Hommes et femmes sont en mesure d'exercer des fonctions moins différenciées que par le passé. Une situation qui réduit les gains à attendre de la vie à deux.

Pour l'INSEE, tout laisse à penser que ces tendances, en l'absence de changements de l'environnement économique, devraient se poursuivre à un rythme soutenu. AP

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