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L'hypothèse de la possibilité d'un effondrement du dollarSource: http://www.pan-europe.org/europa/index-.htm
Revenons sur l'hypothèse évoquée dans l'article ci-dessous et dans l'éditorial, selon laquelle le dollar serait menacé d'effondrement au cas ou l'Iran décidait d'ouvrir une bourse en euros pour la vente de son pétrole (IOB ou Iranian Oil Bourse). Nous ne l'avions traité qu'incidemment mais maintenant il faut y réfléchir avec la plus grande attention. Ce qui y incite sont les commentaires, toujours excellents que fait Philippe Grasset à propos du discours d'un représentant américain, Ron Paul, du Texas, devant la Chambre des Représentants (voir http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=2443) . C'est aussi la lecture de ce discours lui-même, publié sur le site de la Chambre des Représentants, Speeches and Statements ( voir http://www.house.gov/paul/congrec/congrec2006/cr021506.htm). Disons que le titre The End of Dollar Hegemony en donne le thème - thème si explosif que l'on s'étonne de voir qu'il n'ait pas suscité plus de réactions de la part de l'administration républicaine. L'honorable député y présente un historique brillant de la façon dont depuis plus d'un siècle le pouvoir américain a reposé sur la mise en condition et l'exploitation des économies vassales (dont les nôtres) grâce à des manipulations du dollar. Mais le paradoxe qu'il souligne est que ce même dollar, contrairement à l'étalon or, a perdu progressivement toute signification en termes de valeurs économiques effectivement créées. Il n' a maintenu son cours, malgré le déséquilibre croissant de la balance commerciale américaine, que parce que les détenteurs de portefeuilles en dollars n'ont jamais voulu en obtenir le remboursement. Ils espéraient ainsi continuer à profiter des miettes de la croissance américaine et des appuis de la diplomatie de ce pays. Mais comme ce sont dorénavant (hélas pour l'écologie) les transactions sur le pétrole qui déterminent la richesse de l'économie mondiale, le talon d'Achille du système monétaire international régulé par le Roi Dollar est apparu très simplement à certains pays producteurs qui ne voulaient pas se plier aux lois américaines. Il leur suffisait de négocier leurs produits en euros. D'une part la devise européenne n'est pas manipulable par Washington (du moins en principe) et d'autre part, autour d'une bourse au pétrole en euros auraient pu se regrouper les pays producteurs voulant secouer l'hégémonie américaine. D'après Ron Paul, cette brillante idée serait venue d'abord à Saddam Hussein et c'est elle qui a entraîné sa chute. Les Américains lui ont déclaré la guerre autant sinon plus dans le but de l'empêcher d'ouvrir une bourse en euros que dans celui de mettre la main sur ses gisements d'huile (Nous aimerions bien à ce sujet que les historiens fassent un jour la lumière sur ce point capital). Un temps l'idée de bourse en euros avait été reprise par le Président Chavez du Vénézuéla, qui l'a momentanément mise en sommeil après avoir failli disparaître dans des attentats fomentés contre lui par la CIA. Mais l'Iran est dans une position autrement forte. C'est donc elle qui va reprendre le projet, auquel se rallieront Chavez et d'autres producteurs indépendants. Le problème est que dans ce cas le dollar baisserait face à l'euro et que cette baisse entraînerait les détenteurs de dollars à s'en débarrasser au plus vite. On me signale une information, passée inaperçue de moi, qui vient donner consistance à cette hypothèse: la Syrie aurait d'ores et déjà décidé de remplacer le dollar par l'euro pour ses échanges extérieurs. Si ceci se généralisait, la baisse du dollar se transformerait en déroute. Une crise économique mondiale en résulterait, mais ce serait l'économie et la puissance américaine qui en feraient l'essentiel des frais. Les pays producteurs de pétrole et même sans doute l'Europe tireraient au contraire leur épingle du jeu. Que pourrait faire les Etats-Unis ? Bombarder l'Iran, au prétexte de ses travaux sur l'uranium ? Oui mais ils se mettraient vraiment au ban de l'humanité. Même les plus atlantistes des Européens ne pourraient pas les suivre. Sauver les meubles ? Oui mais comment, si l'on considère qu'une partie de leur économie est virtuelle et que l'autre repose sur des dépenses militaires qui ne créent pas de véritable valeur. Alors, que faire, y compris en ce qui nous concerne, sinon nous préparer à tirer le meilleur parti de la future crise, si elle survient. Arrêtons là les hypothèses sur ce qui se passerait dans l'éventualité d'un effondrement du dollar. il faut cependant signaler (suite à une remarque de J.C. Empereur) une hypothèse complémentaire, à peine croyable, mais émise très sérieusement par des observateurs avertis de ce qui se passe aux Etats-Unis, notamment l'historien William Pfaff, dans un article (http://www.williampfaff.com/modules/news/article.php?storyid=102 ) également signalé par Dedefensa. Pour Pfaff, une attaque qui serait suicidaire contre l'Iran ne serait pas pour déplaire aux deux forces actuellement au pouvoir sous la présidence de G.W. Bush. Ce serait une apocalypse, et alors ? La première de ces forces est celle des Evangélistes, qui croient dur comme fer que le monde sera sauvé dans une grande catastrophe permettant la Fin des Temps et le retour du Messie. La seconde est celle des néoconservateurs. Ceux-ci, loin d'être des férus de l'extrême droite, comme on le pense naïvement en Europe, seraient, tenez-vous bien, le dernier avatar des Trotskystes, corrompus par le pouvoir, certes, mais ayant conservé leurs vieux réflexes des années Trente. Les Staliniens qui voulaient la révolution dans un seul pays ont été éliminés, mais les Trotskystes ont toujours plaidé pour une prise de pouvoir mondiale, à l'occasion d'une crise elle-même mondiale. Le plus dur des Néo-cons, Paul Wolfovitz, aujourd'hui président de la Banque Mondiale, serait le plus éminent de ces Trotskystes. Il ne faut donc pas compter sur ces aventuriers pour modérer les faucons de Washington. Si l'Europe ne veut pas se laisser entraîner dans les catastrophes millénaristes que préparent ou que souhaitent inconsciemment les faucons néo-cons, il serait temps qu'elle prenne plus que jamais ses distances à l'égard de la Maison Blanche. Pour approfondir l'hypothèse (il est vrai violemment démentie par la 4e Internationale) d'un lien historique et renouvelé entre les Néo-cons et les Trotskystes, faites Wolfovitz + Trotski sur Google. Bonne lecture. |