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Des enjeux fondamentaux pour la Bretagne dans les deux ansLes deux années 2005 et 2006 vont être fondamentales pour l'agriculture bretonne. La réforme de la Pac, la mise en place des DPU (droits à paiement unique), les négociations de l'OMC, l'évolution de la conjoncture laitière, la législation environnementale... sont autant d'éléments importants qui vont influer sur le contexte agricole des prochains mois. Les quatre présidents de Chambre d'Agriculture, réunis à Rennes, ont montré leur détermination à avancer sur ces dossiers.
Source: http://www.paysan-breton.fr/article.php?id=5392
L'évolution de la filière laitière Le lait a constitué l'un des dossiers chauds de l'été. Après le désengagement de l'Union européenne du soutien des marchés, cette production est en situation de rupture. "La Bretagne dispose de beaucoup d'atouts (quota, densité laitière, bonne technicité), elle ne peut pas capitaliser sur ces acquis pour assurer l'avenir des 20 000 producteurs et des 7 000 emplois industriels. Le maintien de la compétitivité nécessite des adaptations dans la production mais également dans l'aval", déclare Jean Salmon, président de la Chambre régionale d'Agriculture. Les élus ont conscience que les marges de man½uvre des industriels laitiers sont étroites mais ils considèrent qu'elles existent. "Le regroupement de l'offre commerciale et les restructurations industrielles sont des leviers qu'il est possible d'utiliser tout en veillant à ce que les pôles de décision restent en Bretagne et que les producteurs y conservent un pouvoir". Dans le cadre de la réforme de la Pac, chaque exploitation va devoir redéfinir ses choix stratégiques. La plateforme Recherche et Développement du Space proposera aux éleveurs de réfléchir aux choix possibles avec quatre pistes (optimiser, s'agrandir, se regrouper, se diversifier) illustrées de nombreux témoignages. Expérimenter de nouveaux outils Dans le dispositif actuel, le quota est lié au foncier, figeant ainsi la production en France par rapport à ses concurrents, notamment dans les départements à petites structures. Avec le découplage de l'aide directe et la baisse probable du prix du lait, le dispositif n'est plus suffisant pour maintenir la production laitière. À partir de l'année prochaine, certains exploitants risquent de faire le choix de conserver les DPU et d'abandonner la production. "Dans ce contexte, il faut expérimenter de nouveaux outils", souligne Jacques Jaouen, président de la Chambre d'Agriculture du Finistère. "Parmi ceux-ci, un dispositif spécifique de type "bourse laitière", marchand, administré et transparent qui délierait le quota laitier du foncier. Ce outil pourrait permettre une adaptation meilleure et plus rapide des structures laitières en assurant une indemnité aux cédants et en contribuant à optimiser la capacité des étables existantes". Ce dispositif nécessiterait bien sur une adaptation réglementaire. Accompagner et informer sur les DPU Le dispositif des DPU a été simplifié, le 21 juillet dernier, pour une meilleure lisibilité. Il est maintenant opérationnel, mais il reste encore deux enjeux. "Les attributaires des DPU doivent être les agriculteurs en place et non les autres. Quelle que soit la raison, il ne doit pas y avoir de DPU non affectés. Ce serait une perte pour l'ensemble de la région. Les agriculteurs qui reçoivent des aides ne doivent pas avoir de rupture dans leur attribution par rapport aux années précédentes, sous peine d'avoir de graves conséquences sur la gestion financière des exploitations", considère Jean Salmon. Les Chambres d'Agriculture vont mettre en place un dispositif d'information et d'accompagnement des agriculteurs sur ce nouveau dispositif et les modalités de gestion des DPU. "Le Space nous permettra de répondre aux questions des visiteurs sur les stratégies. Chaque Chambre départementale engagera également des réunions d'information", ajoute Michel David, président de la Chambre d'Ille-et-Vilaine. Les agriculteurs recevront le mois prochain, leur dossier complet DPU comprenant les références historiques individuelles, les formulaires de recensement des événements intervenus entre 2000 et 2006 ainsi que des modèles de clauses contractuelles. L'accès au marché Un autre rendez vous aura lieu en fin d'année, la conférence de l'OMC à Hong Kong. "Nous avons quelques craintes car l'accès au marché sera au c½ur du débat". C'est un dossier déterminant pour l'agro-alimentaire breton. Toute quantité supplémentaire importée peut déstabiliser le marché. "L'élimination programmée des soutiens à l'exportation est le dossier le plus avancé de la négociation. Le principe de leur suppression est acté mais nous demandons une application progressive de ce principe pour permettre aux exploitations de s'adapter". Hong-Kong ne peut se limiter uniquement à des concessions sur l'agriculture. "L'Union européenne n'a pas besoin d'aller au dela des efforts consentis dans la réforme de la Pac", déclare Jean Salmon, rejoignant ainsi Mme Fischer Boel, Commissaire européenne à l'agriculture. Les élus veulent que soit réaffirmé le principe de la préférence communautaire Mobilisation sur le PMPOA Les Chambres d'Agriculture ont accentué la mobilisation des éleveurs pour déposer les dossiers avant le 31 décembre en coordonnant les organisations et laiteries concernées par le PMPOA, en contactant les éleveurs non engagés et en augmentant sensiblement le nombre de techniciens réalisant des Dexel, a rappelé Yves Le Gourriérec, président de la Chambre du Morbihan. Un inventaire par département devrait donner, fin septembre, une photographie précise des 19 500 déclarations déposées. Concernant l'environnement, les responsables bretons demandent de stopper "l'inflation réglementaire" de plus en plus mal perçue par les exploitants. De nombreux efforts ont été faits par la profession agricole et les teneurs en nitrates dans les eaux s'améliorent. Ils réclament un véritable bilan des deux premiers programmes, la redéfinition des cantons ZES et des seuils retenus en matière d'obligation de résorption. Patrick Bégos |