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En Bretagne les îles ont imaginé des solutions pour ne pas manquer d'eauAlors que Belle-Ile est ravitaillée en eau potable par bateau en raison de la sécheresse, les autres îles bretonnes, plus petites, espèrent ne pas souffrir du même problème cet été grâce à des solutions mises en oeuvre dès les années 70.
Dernier "caillou" au large de la pointe du Raz, Sein, bénéficie depuis 1975 d'une usine de désalinisation qui satisfait les besoins avec ses 130 m3/jour. Cette eau douce venue de la mer a un coût - 6,41 euros le m3 - mais "sans cela nous n'aurions pas de touristes", explique Alain Le Roy, maire depuis 34 ans. Sein, 200 habitants l'hiver, 1.400 l'été, accueille 75.000 visiteurs par an. Malgré ce système d'eau courante, des habitants ne peuvent lâcher la traditionnelle citerne de récupération d'eau de pluie. En cas de sécheresse, il leur suffit de se brancher sur l'une des dix bornes spécialement installées pour récupérer "l'eau de la ville". A plusieurs reprises, avant la mise en place du nouveau système, les îliens avaient fait appel aux bateaux de la Marine nationale pour les ravitailler, notamment en août 1990 pour cause d'une panne de machine. Au large du Finistère, à Molène, l'eau est un bien si précieux que la Reine Victoria avait offert aux îliens une citerne de récupération d'eau de pluie en remerciement des secours apportés aux naufragés du paquebot Drummond Castle en 1896. Mais en 1989 Molène s'est aperçu que les citernes et les puits ne permettaient plus de subvenir aux besoins d'une population passant de 230 habitants en hiver à 1.300 en été. La moitié des maisons de l'île a ainsi été raccordée à un réseau alimenté par des forages, une partie des habitants continuant à utiliser leur propre système de citernes personnelles. "Aujourd'hui, on rappelle malgré tout qu'il ne faut pas gaspiller. On a coupé certaines pompes publiques. Les légumes du jardin peuvent attendre", explique René Masson, adjoint municipal, qui se souvient du "bateau d'eau" et ses 240 m3 venant du continent, pour un coût de 14 euros le m3 contre 3,66 aujourd'hui ! "L'eau c'est de l'or liquide", martèle Cécile Masson, l'hôtelière, qui se souvient avoir fermé son établissement un 11 août, une année, car la Marine ne pouvait pas ravitailler Molène à cause des marées. Dans le Morbihan, à Groix, au large de Lorient, le ravitaillement de l'île par la Marine en 1986 a été ressenti comme un "signal d'alerte", explique Claude Guyader, premier adjoint. Depuis, trois forages sont venus compléter la réserve d'un barrage. A la pointe du Finistère, Ouessant garantit un approvisionnement normal. L'île est alimentée par un barrage, et une nouvelle usine devrait améliorer la qualité de l'eau. Située à quelques minutes de bateau de Roscoff, dans le Nord Finistère, Batz ne connaît pas de problèmes puisque son réseau est alimenté depuis 1972 par une canalisation venue du continent. Le château-d'eau de l'île dispose d'une réserve de quelques jours en cas de rupture de son "pipe-line" d'eau douce. Source Batiweb: http://www.news.batiweb.com/a.asp?ref=05080305 |