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Bretagne: le pari des ingénieurs

Avec 21 grandes écoles, dont 17 d'ingénieurs, la Bretagne veut développer trois pôles de compétitivité autour des techniques de l'information et de la communication, de l'industrie alimentaire et de la mer.

De la bigouden aux galettes de Pont-Aven, les clichés sur la Bretagne rustique ont la peau dure. Pourtant, la Bretagne sait se donner les moyens de sa modernité. «Images et réseau», «aliments de demain» et «sécurité et développement durable» : tels sont les trois pôles de compétitivité défendus par la Région, suite à l'appel lancé par l'Etat à l'automne 2004. Une stratégie qui repose en grande partie sur une des forces vives de la Région : ses grandes écoles. Une véritable pépinière pour les secteurs traditionnels que sont l'agroalimentaire et la mer, mais aussi celui, porteur, des technologies de l'information et de la communication (TIC).

«Dans le domaine des TIC, nous jouons en première division, se félicite Jean-Yves Le Drian, président de la Région Bretagne, en partie grâce à l'ENST Bretagne.» L'Ecole nationale supérieure des télécommunications de Bretagne doit beaucoup à la décentralisation des laboratoires de recherches en télécommunications dans les années 60. Depuis, le secteur n'a cessé de prendre de l'ampleur. «Aujourd'hui, les TIC représentent 50 000 emplois dans la Région», rappelle Jean Le Praon, directeur entreprises de l'ENSTB. Les formations telles que l'INSA, l'ISEN et l'ENSTB sont pléthore. Les élèves ne s'y trompent pas : ils sont plus de six cents chaque année à intégrer le campus brestois de l'ENST Bretagne et son annexe à Rennes. L'école se veut pragmatique, tournée vers l'international et en phase avec les besoins de l'entreprise. «C'est l'un de ses points forts, explique Emmanuel Halphen, élève en deuxième année, les débouchés sont très variés.» De fait, avec un salaire moyen annuel de 35 000 euros, les jeunes diplômés sont plutôt bien lotis.

Autre poids lourd du paysage estudiantin breton : l'agronomie. «La Bretagne étant la première région agricole de France, le secteur est dignement représenté par les écoles», indique Pierre Fleishmann, président de la Conférence des directeurs de grandes écoles de la Région. Depuis 2004, l'Agrocampus Rennes en est le porte-drapeau. Il regroupe l'ensemble des formations supérieures dans ce domaine, dont l'Institut national supérieur de formation agroalimentaire (INSFA) et l'Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes (ENSAR). Là encore, le spectre est large : «Cela va de la recherche à la production agricole, jusqu'à la transformation», explique Grégoire Thomas, directeur d'Agrocampus. La fierté de l'établissement ? Sa spécialisation halieutique.

«Rennes est une ville qui bouge. Idéale pour décompresser après deux ans de prépa !» souligne, pour sa part, l'ancien président du BDE. L'avenir n'est pas une source de stress : entre 15 et 30% des étudiants trouvent un emploi avant la remise des diplômes.

Le tableau ne serait pas complet sans la mer. Et l'Ecole navale ou l'Ecole nationale supérieure des ingénieurs des études et techniques d'armement (ENSIETA) sont indispensables au paysage breton. La première, fleuron de l'enseignement naval, assure la formation initiale de l'ensemble des officiers de marine. La seconde forme des ingénieurs militaires et civils. «Un vivier pour les employeurs de la métallurgie», assure-t-on à l'Union des industries et métiers de la métallurgie. S. T.

Source : http://www.lefigaro.fr/magazine/20050520.MAG0026.html