C’est dans un lieu fortement chargé d’histoire que doit se dérouler, du 25 août au 3 septembre – à la suite du festival « Lyrique en mer » qui, du 20 juillet au 17 août, verra la présentation des Contes d’Hoffmann d’Offenbach et de La Traviata de Verdi ainsi que l’exécution de la Messe en ut de Mozart – celui organisé par l’Académie internationale de musique de Belle-Ile en mer qui proposera des masters classes assurées par des instrumentistes prestigieux, les 26, 27 et 30 août à 20h30 à la salle de l’Arsenal de la citadelle qui domine le port du Palais. Le 26, Deborah Lee présentera un récital de piano au cours duquel elle exécutera des oeuvres de Robert Schumann ; elle sera suivie par Giancarlo Crepeau qui jouera la Sonate en mi mineur de Franz Liszt. Le 27, François Sochard au violon et Giancarlo Crespeau au piano proposeront au public la Sonate n° 3 pour violon et piano en ré mineur opus 108 de Brahms et les Danses hongroises n°4 et 5. Les mêmes interprètes, rejoints par Tasso Adamopoulos (alto) et Lluis Claret (violoncelle) exécuteront ensuite le Premier quatuor en do mineur opus 15 de Gabriel Fauré. Le 30 août, Jean-Pierre Wallez interprétera des sonates pour violon et piano de Mozart et de Brahms avec Deborah Lee, puis un quintette de Schumann avec François Sochard, Tasso Adamopoulos, Lluis Claret et Deborah Lee.
Cette manifestation musicale peut être l’occasion de découvrir l’île dont la poétesse Eva Jouan a pu écrire, à la fin du XIXe siècle, qu’elle était la « bien nommée ». Insula Venetica de César, Vindilis de Ptolémée, Gwezel en vieux breton, ar Gerveur à la fin du Moyen Age devenu Belle-Ile en français, cette terre située au large de la presqu’île de Quiberon et à proximité des îlots de Houat et de Hoëdic, fut aussi l’île de l’Unité sous la Révolution avant de devenir pour quelques années l’île Joséphine sous l’Empire. Densément occupée dès l’Age du Bronze et à l‘époque gallo-romaine, colonisée par les Bretons, ravagée par les Vikings, remise en valeur par les Bénédictins de Redon et de Quimperlé, cédée au XVIe siècle à Albert de Gondi, elle revient pour quelques années à Fouquet qui, pour cause de disgrâce, n’y mettra jamais les pieds. Vauban ne peut la fortifier comme il le souhaite, même si la citadelle compte parmi les oeuvres marquantes du célèbre ingénieur militaire. Les Anglais l’occupent un temps durant la guerre de Sept Ans avant que la pèche sardinière ne lui assure au XIXe siècle une incontestable prospérité. Dans ce temps qui voit les débuts du « tourisme », le peintre Claude Monet et la tragédienne Sarah Bernhardt sont, après Gustave Flaubert et Maxime du Camp venus arpenter ses grèves, les premiers à apprécier ses côtes sauvages battues par les vents de l’Atlantique. A trois quarts d’heure de bateau de Quiberon, le visiteur découvre ici les traces d’un passé particulièrement riche alors que le mélomane peut y écouter, à la faveur des manifestations musicales de l’été, des concerts de tout premier ordre.
Le site du festival: http://cordes-en-iles.com/