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Une autre lecture de l'héritage maritime breton avec Gérard Le BouëdecUne civilisation de la côte ou les Bretons et la mer
Conférence Bibliothèque Centrale 10, Cours des alliés 35000 Rennes Tel : 02 23 40 66 35 Fax : 02 23 40 66 31 Dates et heures : Le 16/01/08 à 18:30 : Mercredi Prix non communiqués
Tregastell
"Civilisation de la côte" paraît l'expression la plus adaptée pour qualifier ce rapport très large mais si spécifique que les Bretons entretiennent avec la mer à travers un réseau portuaire breton avant tout constitué de petits ports de pêche et de cabotage. Mais l'estran constitue un territoire essentiel à la compréhension du rapport à la mer des Bretons. Les usages sont multiples. C'est d'abord une zone de prélèvement de goémon, de maërl, de sable coquillier pour l'enrichissement des sols des exploitations agricoles du littoral. C'est un espace de collecte des coquillages, des crustacés, des appâts pour la pêche, de chasse aux oiseaux, de pillage des produits des naufrages et aussi un lieu de pratiques illicites comme la contrebande. C'est aussi un espace d'exploitation avec le sel des marais salants. Alors que cet espace salicole régresse à partir du milieu du XIXe siècle, l'estran est réinvesti par les inventeurs de l'ostréiculture qui cherchent une alternative à l'épuisement des huîtrières. Cet estran devient la plage, quand le besoin de mer incite ceux de l'intérieur à fréquenter la côte pour s'y baigner. On comprend alors que le portrait d'un marin ou d'un matelot qui ne vit que sur la mer ne cadre pas nécessairement avec cette réalité de petits ports et d'une fréquentation assidue de l'estran. De dire que le monde des gens de mer n'est pas nécessairement constitué de dynasties qui de génération en génération se reproduisent, et que le monde maritime a recyclé de nombreux ruraux ou d'urbains issus du monde de l'artisanat ou du commerce n'est pas politiquement correct au nom d'une représentation plus valorisante d'une identité maritime pure et dure. Mais si la culture maritime est si présente en Bretagne, ce fut justement du fait de sa large diffusion dans une société qui entretenait un rapport pluriel, de l'exclusif au saisonnier et à l'occasion, avec la mer. Gérard Le Bouëdec est professeur des Universités, directeur de l'équipe d'histoire et de sciences sociales du littoral et de la mer (Solito), laboratoire Cerhio et vice-président du conseil scientifique pour les sciences humaines et sociales de l'Université de Bretagne-Sud. |